Le maire et le conseil municipal d’Ainhoa rendent leur tablier
·Le maire Philippe Aspirot et tout son conseil municipal sauf un, rendent les armes sans briguer de nouveau mandat
L’équipe de Bernard Saint-Jean s’y était cassé les dents en 2001, l’équipe de Philippe Aspirot n’aura pas fait mieux. Les dérangements causés par le projet de déviation et les travaux de rénovation du bourg ont eu raison de deux maires et de leurs équipes. Le maire d’Ainhoa rend son tablier et ne sera plus candidat lors des prochaines élections municipales. Plus encore, toute son équipe se retire et aucun conseiller municipal ne sera candidat les 9 et 16 mars prochains, à l’exception de Jean-Michel Garat.
Philippe Aspirot, évoque des "raisons personnelles" pour expliquer son départ. Dans le monde associatif depuis 1966, membre du conseil municipal depuis 1995 puis maire depuis 2001, il souhaite aujourd’hui "souffler" et prendre le temps de se rapprocher des siens.
Mais les Ainhoar savent pertinemment que c’est bien plus que cela. Pourtant le maire sortant présente un bilan nourri. Rénovation de l’église, de l’école, du bourg, création de la maison du patrimoine, création d’un lotissement avec 23 logements, la municipalité sortante n’a pas chômé et est arrivée jusqu’au bout des projets qu’elle avait promis en début de mandat. Le Plan Local d’Urbanisme, qui a fait l’objet de cinq ans de travail est également sur le point d’être adopté. Les conclusions du commissaire de l’enquête publique seront connues la semaine prochaine et rien ne s’opposera afin que le conseil municipal adopte le PLU lors de sa dernière session fin février, début mars.
C’est bien la polémique autour des travaux de rénovation du bourg et de la déviation qui ont usé la municipalité sortante. Pour Xavier Içabal, président de l’association des commerçants et gérant du Restaurant Ithurria, le maire et son équipe "ont eu le courage" de lancer le chantier de la déviation, projet qui était depuis 20 ans dans les cartons des municipalités successives. L’équipe de Bernard Saint-Jean souhaitait créer une nouvelle route à l’est du bourg, entre le village et la montagne, mais les villageois les avaient sévèrement sanctionnés. C’est donc Philippe Aspirot, proposant une déviation à l’ouest du village qui l’avait emporté. Courage oui, mais le président des commerçants estime que le maire n’a pas "accompagné" le projet. La déviation provisoire qui atterrissait au parking de l’école, faisant passer un énorme flux de voitures dans les petites ruelles, la "mauvaise" signalisation aux entrées du bourg, le manque des arrêts-minute, "les retards" pour le début des travaux de la déviation, sont entre autres, critiqués par Xavier Içabal, qui est par ailleurs fils de l’ancien adjoint au maire de Bernard Saint-Jean. Certains lui prêtaient des intentions électorales, mais M. Içabal est catégorique, il a bien assez de travail avec le restaurant et l’association des commerçants. En revanche, il reconnaît volontiers que sur les autres dossiers de la commune, le maire a été à la hauteur.
Pour sa part, Philippe Aspirot commente que de toute façon "les commerçants ne sont jamais contents", et souligne que les retards sont imputables au Conseil Général qui est en charge de la déviation. "Les travaux démarreront au mois de mai", lui a-t-on assuré depuis le Conseil Général.
Y a-t-il un maire
pour sauver Ainhoa ?
C’est donc une toute nouvelle équipe qui se présentera lors des prochaines échéances. Portée par Dominique Massonde vice-président de l’association des commerçants, ainsi que Michel Ségur et Jean Jorajuria. Ce sont eux qui sont venus chercher Henri Daguerre, afin qu’il prenne la tête de liste. Après quelque temps de réflexion, ce "fils du village" a accepté sa mission. Vice-président de l’Association Nationale du Pottok, ancien chroniqueur de pelote à Pilota TV ou à France Bleu Pays Basque, de sensibilité abertzale, il est aujourd’hui gérant d’une société de construction.
"J’ai toujours défendu Ainhoa et les Ainhoar et c’est pour le bien de notre village que j’ai accepté" commente-t-il. Cependant, il se dit conscient de la difficulté de la tâche, rappelant que dans ce petit village de 630 âmes, la vie municipale n’a jamais été simple. Mais aujourd’hui, vu que pour la première fois il n’y a qu’une liste en course, il se dit partant.
Henri Daguerre souligne le "grand travail" réalisé par la municipalité précédente et précise que Jean-Michel Garat sera des leurs, afin de poursuivre le travail entamé, au sein d’une équipe qui sera "à l’image d’Ainhoa".
Quant au projet de déviation, il s’engage à poursuivre le travail engagé, mais il souhaite que la concertation ait lieu quartier par quartier. Quant au tracé de la déviation, il assure qu’il prendra l’affaire en main, se dit prêt à étudier toutes les possibilités, mais affiche sa préférence pour utiliser l’existant, avec un passage prévu à l’ouest du village (côté droit en venant d’Espelette). Néanmoins, il rappelle qu’au fond le trafic étant généré par la zone commerciale de Dantxaria, il faudra également en discuter avec les autorités navarraises.
En ce qui concerne les autres projets qu’il souhaite mettre sur pied avec son équipe, il évoque le besoin d’une salle pour tous qui serait aménagée à la petite école, le logement pour les jeunes du village, la poursuite de la réhabilitation des bordes, l’entretien des forêts qui représentent 400 hectares...
Des voitures qui tournent en rond
L’Eglise d’Ainhoa voit passer à ses pieds jusqu’à 12 000 voitures / jour. Si les conséquences n’étaient pas si graves, ce serait plutôt marrant. A l’entrée d’Ainhoa, venant d’Espelette, un panneau informe clairement que la route est barrée, et que pour aller à Dantxaria il faut prendre la déviation. Mais les automobilistes préfèrent se fier au GPS plutôt qu’aux panneaux de signalisation. Ou sachant que depuis quelques mois la route est ouverte un jour et fermée l’autre, ils préfèrent tenter le coup, plutôt que prendre la route à droite et faire 6 km de plus.
Du coup, la majorité des voitures s’engagent vers le bourg. Quelques minutes plus tard, ce sont ces mêmes voitures qui reviennent sur leurs pas, après avoir constaté qu’effectivement la route était barrée. Sauf qu’elles auront perdu plusieurs minutes pour rien, et qu’il leur reste 6 km de plus à faire pour atteindre le paradis de l’alcool, l’essence et les cigarettes, sans compter le retour.
Et même ainsi, la balade au c¦ur du village pourrait être amusante, à condition de maîtriser correctement sa voiture et de ne pas heurter les chicanes qui ont été posées aux entrées du village. Plusieurs dizaines de voitures ont malencontreusement crevé leurs pneus ces dernières semaines...
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