Massimo Schuster revisite l’Iliade pour cerner le présent
·L’Arc-en-Terre présente le dernier guerrier au Théâtre de Bayonne à l’aide de marionnettes
Bien souvent encore, le théâtre de marionnettes est considéré comme un genre réservé aux enfants. Avec le Théâtre de l’Arc-en-Terre de Massimo Schuster, petits et grands se régalent ensemble, chacun avec son propre niveau de lecture. De ce point de vue, en s’adressant aux spectateurs dès l’âge de douze ans, Le dernier guerrier est exemplaire.
Massimo Schuster est à mille lieues de l’image du manipulateur effacé, véhiculée par l’image réductrice du traditionnel castelet. À l’aide de marionnettes plus vraies que nature, le comédien manipulateur revisite l’Iliade pour nous aider à mieux comprendre le présent. Par bribes, c’est une vie d’homme qui est contée par la remontée à la surface de certains fragments au moment ultime de la mort. Achille est allongé dans l’herbe, dans les remparts de Troie. Il a une flèche fichée dans le talon, le seul endroit vulnérable de son corps fait pour le combat. Par bouffées hallucinées, les souvenirs se rappellent à lui. Sur scène, c’est un artisan dans son atelier, une sorte de Gepetto bien gaillard, qui nous entraîne, sur fond de swing, à la rencontre des moments les plus marquants de la vie du héros, dans un univers aussi féroce que bizarrement familier.
Le Dernier guerrier est une pièce sur l’absurdité de la guerre créée par un formidable marionnettiste doublé d’un comédien d’exception. Avec Massimo Schuster, la mythologie se transforme en véritable thriller, un récit haletant qui réserve au spectateur des rebondissements qui lui font oublier ce qu’il pouvait savoir de la Guerre de Troie et de la Grèce d’Homère. Les marionnettes se muent, comme par un tour de magie, en personnages vivants, plus vrais que nature.
Ú Le dernier guerrier
|