2 février 1908 il y a 100 ans :
En arrivant à la gare d’Hendaye, que vous soyez voyageur d’un train de luxe ou du modeste mixte, pour traverser le quai, il vous faut enjamber des caisses de sardines. Vous risquez ensuite de vous faire écraser par des locomotives en man¦uvre, avant d’atteindre la salle des pas perdus où l’on est bousculé par des gens affairés ou d’autres qui, n’ayant rien à faire, se tiennent à la porte de sortie, vous empêchant de passer. Une fois sorti de la cour de la gare, la première des choses à faire pour un étranger, c’est d’aller visiter la plage. A la saison estivale, comme vous le savez, on y prend des bains de mer. Ces jours-ci, par contre, Hendaye, rivale de Dax, vous offre des bains de boue, et la cour de la gare dépassée, vous tombez sur la route bourbeuse où vous devez avoir recours aux rails du tramway, et tel un équilibriste, vous vous livrez à un exercice auquel votre profession ne vous avait pas habitué. Vous arrivez tant bien que mal à l’entrée d’un pont où des pisteurs de magasins s’accrochant à vous, vous vantent les articles des commerçants de la localité. Le pont dépassé, votre embarras grandit en constatant l’absence des noms des rues et des places. Si, quand il fait chaud, vous désirez vous rafraîchir en prenant un peu d’eau à une fontaine, vous constatez, ô désespoir ! Que la plupart sont taries. Je reviendrai dans un article spécial, sur ma visite à l’abattoir, dans lequel les bouchers n’osent plus laisser la viande abattue, tant est grande leur crainte de la voir se putréfier. Cet abattoir, sis à cinquante mètres environ de la route de la plage, dégage déjà en hiver une odeur nauséabonde, pensez ce que c’est en été !
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