Une vingtaine de maires et d’élus du Pays Basque ont rencontré le sous-préfet de Bayonne hier matin suite aux poursuites engagées contre six paysans dans le dossier de la ferme Kako. Même s’ils se sont dits satisfaits de la libération des six interpellés, les élus ont indiqué à Eric Morvan qu’ils n’acceptaient pas que des charges soient retenues contre les membres d’ELBet du GFAM. "Peut-être y a-t-il eu mêlée, échauffourées... mais rien prêtant à une condamnation pénale", a déclaré hier Sauveur Bacho, maire d’Arbérats.
Dénonçant aussi les amalgames "scandaleux" faits par le président de la République à Pau (lire éditions précédentes), les élus ont estimé que Nicolas Sarkozy avait "transformé une lutte foncière en conflit politique".
"Que l’on en revienne au fond du problème. Fred Larrañaga et sa compagne doivent s’installer sur Kako et une autre solution doit être trouvée pour le couple Lahargou-Gachen", ont exigé les élus au sous-préfet en évoquant une "décision incompréhensible du comité technique de la Safer".
Une lettre reprenant leur position avait été adressée au procureur il y a deux jours, signée par 70 élus dont vingt maires.
Colère d’Arrapitz
De son côté, la fédération Arrapitz a apporté son "total soutien" aux six personnes poursuivies "dont l’engagement dans les projets de développement portés par les structures d’Arrapitz est quotidien et décisif". La fédération a également fait part de "son incompréhension et sa colère devant l’instrumentalisation grossière faite sur le dossier de la ferme Kako, dossier porté de façon exemplaire par le GFAM Lurra, membre d’Arrapitz".
La fédération, forte de 13 structures adhérentes, 900 paysans et 3000 porteurs de part, a indiqué que le dossier économique et professionnel de la ferme Kako est "un symbole du mode de développement durable souhaité par Arrapitz".
Par ailleurs, les Verts du Pays Basque ont dénoncé la "répression qui s’abat sur le monde paysan". "On assiste ici à une escalade particulièrement grave et inquiétante", ont déclaré les écologistes. Ils ont également dénoncé "la manière dont ce dossier a été mené par certains responsables agricoles de ce département face au travail du GFAM Lurra pour l’installation d’un jeune couple" en agriculture. Pour Batasuna, plutôt que d’enquêter sur les incidents de St-Palais, "les autorités ont préféré sanctionner la volonté des paysans basques de se prendre en main pour un projet agricole".
ELBorganise un rassemblement ce soir à 20h à Laborantza Ganbara pour évoquer les suites de ce dossier et se retrouver autour d'un verre.