Didier Borotra présentait hier la liste "Biarritz pour tous", qu’il mène pour les municipales 2008. Le sénateur centriste brigue ainsi un quatrième mandat de maire, comme pilote et mécano d’une machine politique bien huilée, qui a si peu à craindre d’obstacles (malgré les trois listes concurrentes) qu’elle est l’une des dernières à s’ébranler dans la course aux urnes.
Le très fort "pluralisme" de l’équipe ne s’est pas construit tous azimuts, loin de là. Pionnier d’une manière de débauchage qui ne s’appelait pas encore "ouverture", M. Borotra compte en effet depuis 17 ans sur le soutien de "Biarritz autrement", union des gauches et des abertzale. Aux côtés des huit MoDem, AB compte cinq de ses membres dans la liste. Quant à l’intégration de personnalités de gauche, celle d’André Labèguerie est la plus spectaculaire : l’adversaire de M.Borotra en 2001 a tout bonnement claqué la porte du Parti socialiste, allongeant la liste des socio-démocrates tournant casaque, un poste d’adjoint à la clé. L’atout de taille reste une double investiture, l’UMP s’ajoutant au MoDem, par les efforts de Max Brisson, adjoint au maire et président du groupe UMP au Conseil général.
Ce qui est loin de plaire à Philippe Morel, qui rend cette stratégie directement responsable de son éviction de l’équipe sortante. Refusant une proposition qui lui aurait été faite "en dehors du cadre municipal", il fustige "la liste BAB Brisson-Abeberry-Borotra", dénonce "une curieuse mise à l’écart" du Parti radical qu’il représente ("le parti de Jean-Louis Borloo, pourtant allié de l’UMP") et promet une action "dans une autre structure". Le pluralisme a ses raisons. Qu’ignorent du reste les Verts, à la différence de Bayonne, dont le maire sortant a accueilli le parti écologiste. "Biarritz autrement" est en outre renouvelée à plus de 50%, avec un fort contingent de femmes mais aussi de jeunes, dont le notable président du Gaztetxe de Biarritz, Brice Morin, le presque benjamin à 25 ans (car la plus jeune recrue en a 20). Sur 14 futurs adjoints, seuls cinq l’étaient lors de la dernière magistrature. Parmi eux, outre MM.Brisson, Veunac et un André Labèguerie récompensé de sa rupture avec le PS, notons une chaise musicale chez les abertzale : Jakes Abeberry, toujours sur la liste, cède l’un des deux fauteuils d’adjoints AB à Maïalen Etcheverry, aux côtés de Michel Poueyts.
Luxe suprême d’une liste sortante hyperconfiante, la campagne démarre sans même l’ouverture de son local, ni la publication de son programme, qui ne sera rendu public que dans une dizaine de jours. Il s’agit d’un "contrat", dans l’esprit d’un "agenda 21" dont M. Borotra a rappelé l’importance de la démarche. Michel Veunac ("mon secrétaire de campagne") parle d’un document plus proche d’un livre, extrêmement précis et doublé d’un bilan du précédent mandat. Pour l’instant, quelques indications sur une politique forçant sur la jeunesse (un skate parc couvert), les personnes âgées (extension de la maison de retraire, création d’un établissement dédié aux malades d’Alzheimer) ou l’urbanisme (réaménagement de quartiers, logements sociaux).