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Le JPB > Culture 2008-01-31
Le carnaval d’Hartzaro ouvre demain un espace de (re)création
·Ana Non, créée pour Etxebarre 007 sera présentée à Louhossoa avant Ufaka Zanpaka, porté par le public

C’était aux premiers jours de juillet.Le plus petit village de la plus petite province basque proposait un projet grandiose pour faire vivre la vallée au rythme de la création sous l’intrigant intitulé Etxebarre 007.400 personnes ont ainsi pu assister, parmi un foisonnement de spectacles et d’expositions, à la présentation de Ana Non, une mise en musique, en danse et en souletin du roman d’Augustin Gomez Arcos, plusieurs fois primé en 1977. Les timorés de la côte et de l’entrecôte ou ceux qui n’ont pas trouvé le village souletin en juillet ont plutôt de la chance, puisque les jeunes artistes qui font vivre la pièce remettent, à Louhossoa pour le festival Hartzaro, le couvert de ce chant mélancolique, emmenés cette fois par la contrebasse de Mixel Etxekopar.Mise en espace par Nicole Lougarot, cette pièce triste comme une vieille femme abandonnée dans l’ombre imposante de Franco, sera présentée en prélude du spectacle Ufaka Zanpaka dans la salle de spectacle de Louhossoa, ces vendredi et samedi.Un texte beau et sombre, plein de poésie, en marge de la guerre civile espagnole.Une tristesse lumineuse et épaisse qui enrobe l’épopée résignée d’une femme à travers l’Espagne, une certaine Ana Paücha qui s’appelle elle-même "Non", laquelle quitte sa maison pour aller embrasser son seul fils vivant dans une prison.Un thème concernant pour les Basques, et qui trouve grâce dans les pas aériens de trois jeunes femmes et leurs rondes traditionnelles, portées par le chant lancinant d’un jeu de voix et d’un piano à bretelle. Un voyage vers la mort, du sud au nord, comme un rite initiatique, un long pélerinage de deux ans qui au fil des rencontres, brosse le portrait tragique d’une vie entre parenthèses.Une note belle et sombre pour attaquer le très clinquant Ufaka Zanpaka, créé l’an passé lors du même festival Hartzaro et qui tient toujours le haut de la scène grâce à l’engouement qu’il suscite auprès du public. Programmée trois fois à guichets fermés, à Ustaritz, Irissari et à la Gare du Midi de Biarritz, cette fresque musicale remonte la piste de la mythologie basque au rythme des gaita et des percussions, clamant son universalité dans le métissage.Inspiré par Beñat Amorena, ce spectacle confronte le basque et l’africain, le tribal et l’urbain, l’ancestral et le moderne et sera célébré par 25 musiciens et 17 danseurs issus du creuset Izartxo.

Ú Festival Hartzaro


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