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Le JPB > Pays Basque 2008-01-31
Conséquences municipales du nouveau traité européen
·Martine Mailfert, tête de liste "100% à gauche" présentée par la LCR à Bayonne met en garde sur les risques locaux de privatisation

Les navettes gratuites, les cantines scolaires, les crèches, la régie publique de l’eau,... tout ceci sera mis en concurrence avec obligation pour la mairie d’offrir les mêmes subventions si un opérateur privé fait une meilleure offre. Ce serait la conséquence directe, au niveau des communes, de "l’adoption du Œmini-traité’ qui n’a rien de mini mais tout du maxi-traité européen avec près de 300 pages reprenant 90% du Traité constitutionnel européen rejeté par référendum en 2005" selon Martine Mailfert, chef de file de la liste "Bayonne 100% à gauche". Pour sa première comparution publique dans la bataille municipale M.Mailfert a enfourché le cheval de bataille de la demande d’un référendum sur le traité de Lisbonne. Ce qui serait possible si les 3/5e du vote exprimé lundi par les parlementaires qui se réuniront lundi à Versailles en congrès rejettent la demande de modification de la constitution française.

Et Martine Mailfert d’interpeller directement le député maire de Bayonne afin de savoir s’il confirme son "refus de recourir au référendum pour que le peuple choisisse le type de société dans laquelle il veut vivre", son "Oui sans référendum pour un traité qui met en ¦uvre la même politique qui a été refusée par 55% de la population" et s’il va "voter un texte qui facilitera la privatisation de tous les services publics locaux".

En attendant de présenter sa liste complète lundi prochain, la candidate révolutionnaire rejette la "dérobade" de Jean Grenet qui "se réfugie derrière Sarkozy qui aurait été élu sur sa position de ne pas organiser de référendum". Martine Mailfert, par ailleurs reconduite à la direction nationale de la LCR à l’issue de son récent congrès, précise que "Sarkozy avait promis un mini-traité ne parlant que des institutions", ce qui n’est pas le cas du traité de Lisbonne.

Elle a ainsi mis en avant "cinq mensonges" à propos du traité. Ainsi, par rapport à l’ancien traité, celui-là parle de "l’héritage religieux" comme "source de la démocratie, de l’Etat de droit et des libertés fondamentales". En revanche comme dans le TCE "l’Union européenne reconnaît les églises mais pas la laïcité" souligne M.Mailfert. Sur le fonctionnement, "si quelques dispositions renforcent le poids du Parlement" ce dernier demeurerait avec le traité "un parlement croupion" face à une commission européenne "toute puissante et non élue".

Quant à la disparition de la fameuse formule de feu le TCE sur "la concurrence libre et non faussée", la candidate LCR indique qu’un article du nouveau traité rappelle "le primat d’une Œéconomie de marché ouverte, où la concurrence est libre’", et qu’un protocole mentionne que Œle marché intérieur comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée’. En outre, "l’affirmation selon laquelle désormais l’UE protégerait contre la mondialisation est totalement mensongère et démentie par le texte" qui renforce les pouvoirs de la Commission "pour négocier les politiques de dérégulation à l’OMC". Enfin, dernier "mensonge", celui relatif aux services publics baptisés services d’intérêt général. M.Mailfert affirme qu’ils seront soumis à la concurrence, soit "à terme, leur privatisation".



Attac des parlementaires et pétitions
Attac Pays Basque, mandatée par la FSU, Lab, la Cgt-Ferc, le PCF, la LCR, Debout la République, le MRC, AB et Batasuna, réunis pour soutenir la pétition "nous voulons un référendum", a demandé rendez-vous aux parlementaires du Pays Basque afin de connaître leurs intentions lors de la procédure de ratification du Traité modificatif européen le 4 février prochain au Congrès. "Seule, Madame Jarraud-Vergnolle, sénatrice PS nous a reçus pour nous informer qu’elle s’opposera à la révision de la Constitution française, préalable obligatoire à la ratification parlementaire ; elle partage en effet notre analyse selon laquelle ce traité qui reprend 90% du texte rejeté le 29 mai 2005, doit être soumis à nouveau à référendum" indique l’association altermondialiste. Et de déplorer que les autres parlementaires, MM. Borotra, Grenet et Poulou, "malgré nos appels répétés n’ont ni trouvé le temps de nous recevoir, ni même daigné nous donner leurs intentions dans une lettre". Ce qui leur vaut ce commentaire cinglant : "sans doute pour certains, le cumul des mandats les empêche-t-il d’accorder aux citoyens intéressés par un texte engageant l’avenir du pays et de l’Europe, un temps dont ils sont moins avares lors d’inaugurations ou de tractations pour les municipales".

Pour sa part, le PCF64 a annoncé qu’il remettrait aujourd’hui à la préfecture de Pau les pétitions locales réclamant la tenue d’un référendum pour que "la souveraineté populaire soit respectée" et refuser "le déni de démocratie".


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