24 janvier 1908 il y a 100 ans :
La "Vichincho" n’est point une foire : Il ne s’y tient pas de marché. Seulement accourent les marchands de confettis, un manège de chevaux de bois et tous ces petits jeux de hasard, tourniquets et autres, où l’on gagne soit un couteau, une bouteille de champagne ou quelque canne solide. On n’y voit pas de somnambules qui promettent un mari aux jeunes filles et de riches héritages aux vieilles gens, mais on y trouve des lutteurs en plein vent et une petite troupe d’acrobates qui pour 15 c. satisfont le public toujours content. Dimanche, Hendaye ne se reconnaissait plus dans le tohu-bohu d’une foule endimanchée arrivant de plusieurs lieues à la ronde, d’une rive comme de l’autre de la Bidassoa, au milieu du bruit des orgues de barbarie, des chevaux de bois et des tourniquets exécutant chacun un air différent. La "Vichincho" est fort courue et cela ne tient pas seulement aux plaisirs variés que cette fête offre. Par un temps merveilleusement doux, on vient admirer notre splendide pays et ses environs. Le soir, après le concert, on ne quitte la place que pour se livrer à des libations joyeuses et on revient danser aux sons de la fanfare municipale, ou se livrer à une bataille en règle de confettis, pendant que quelques-unes assistent à une représentation donnée par un théâtre forain. Cependant, rien ne nous attriste davantage que ce contraste de la joie de tout le monde avec le triste spectacle des estropiés implorant la charité sur le pont et auxquels on est tenté de dire : "Regardez comme la vie est bonne ! Tout le monde est heureux! Vous seuls vous souffrez !"
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