L e 24 janvier sera signée au siège de l’Euskaltzaindia à Bilbao une Convention de collaboration entre l’Euskaltzaindia l’Académie de la Langue Basque et l’Office Public de la Langue Basque, l’organisme en charge de la politique linguistique concernant l’euskara en Iparralde (Pays Basque Nord).
Il s’agit d’une étape nouvelle dans l’institutionnalisation de la langue basque dans les territoires du Labourd (Lapurdi), de la Basse-Navarre (Nafarroa Beherea) et de la Soule (Zuberoa), et une collaboration qui se traduira, à n’en pas douter, par la progression et le développement de l’euskara en Iparralde.
La collaboration entre l’Euskaltzaindia et les pouvoirs publics français n’est pas nouvelle. En effet, cette collaboration soutenue leur a permis de mener entre autres, des actions pertinentes comme l’inauguration de la nouvelle délégation de l’Euskaltzaindia à Bayonne, un travail en commun destiné à fixer la toponymie basque en Iparralde et des activités différentes basées sur la participation des académiciens d’Iparralde aux travaux de l’Euskaltzaindia.
Une institutionnalisation de la langue basque et des travaux qui contribuent à la progression de l’euskara en Iparralde ; telles sont les deux lignes directrices de ce texte qui voit le jour dans le but de devenir un instrument utile à l’approfondissement de ces objectifs.
Tout d’abord, un instrument éloigné de toute velléité politique et idéologique, mais qui souligne la volonté des pouvoirs politiques d’Iparralde de doter l’euskara d’un cadre d’action important qui rende visible et revitalise la langue basque dans ce territoire.
Par ailleurs, un instrument qui parachève l’ensemble des conventions avec les pouvoirs publics, existant dans les territoires de langue basque, et dont l’objectif est de garantir le financement des activités de l’Euskaltzaindia. Ainsi, tant la Convention signée en 2005 avec la Communauté Autonome du Pays Basque et les Territoires Historiques, et celle en vigueur avec le gouvernement de Navarre, que l’aide annuelle apportée par le gouvernement espagnol, trouvent leur approbation dans cette dernière convention qui fait l’objet de signature.
Un instrument qui suppose, de même, un pas de plus dans la reconnaissance de l’Euskaltzaindia comme étant l’institution de référence de la langue basque dans tous les territoires où cette dernière est utilisée, une reconnaissance que tant la Communauté Autonome du Pays Basque que la Communauté Forale de Navarre lui ont accordée dans leur législation propre depuis longtemps déjà.
Tout ceci, par nature reconnaît implicitement la valeur de l’activité de l’Euskaltzaindia, une Euskaltzaindia qui, il faut le dire, est soumise ces dernières années à un processus de rénovation qui touche autant les personnes que les objectifs et les moyens d’agir de l’institution.
Cette rénovation indispensable pour pouvoir répondre aux besoins du vingt et unième siècle s’effectue avec la prise de conscience, pleine et entière, du fait que l’Euskaltzaindia se doit de collaborer dans ses actions avec les pouvoirs publics, les universités, l’industrie de la langue, les associations et les acteurs du monde de l’euskara et de la culture basque. Une collaboration qui s’opère, évidemment, en tenant compte des différentes circonstances politiques, sociales et culturelles de chacun des territoires de la langue basque, avec la conviction que l’euskara nous unit et que nous le partageons comme un important élément culturel de communication et d’identité, mais en sachant aussi que l’unité de la langue ne doit pas nous imposer une uniformité stérile sclérosante.
Le 24 janvier sur la Plaza Nueva à Bilbao, au siège académique de l’Euskaltzaindia, on parlera euskara et français, non pour opposer ces deux langues, mais pour souligner le fait qu’elles font partie toutes deux, conjointement avec le castillan, de l’identité vive et enrichissante du pays.
Ce faisant, l’Euskaltzaindia, une fois de plus, atteindra comme elle l’a fait durant ces quatre-vingt-dix dernières années, son objectif fonda-mental: la recherche et la promotion de l’euskara dans tous ses domaines et ses réalités.