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Le JPB > Culture 2008-01-05
Kusturica fait une Kusturicade
·Avant-première le 15 janvier, à l’Atalante de Bayonne, de Promets-moi, film décrié à Cannes

A Cannes, le dernier film d’Emir Kusturica a fait un bide. Pour autant, avant de rayer de son agenda la soirée du 15 janvier à l’Atalante, où le film Promets-moi sera présenté en avant-première avant sa sortie dans les salles le 30 janvier, il convient de considérer sérieusement le caractère de ce long-métrage et de son réalisateur.Non que ce dernier ne soit capable de récolter des navets après quelques productions miraculeuses.Mais justement.Après deux Palmes d’or, on attendait sans doute sur la croisette l’exploit unique d’un triplé. Dans une sélection grave et austère, cette farce légère comme une gnôle serbe n’a pas réussi à entraîner les fines gueules critiques. Un peu l’effet fanfare en suivant un enterrement, quelques heures avant que le jury ne décerne la Palme d’or à 4 mois, 3 semaines et 2 jours, le récit cru d’un avortement clandestin.Il n’empêche que Promets-moi a beau avoir un scénario extra plat, la farce reste une Œkusturicade’ caractérisée, en frôlant même la parodie. Un registre qui plaît lorsque Tarantino sort un film à clin d’¦il, son dernier Boulevard de la mort, pour faire son Tarantino. Et quoi ? Emir Kusturica est également une marque de fabrique avec ses mariages champêtres, ses fanfares éthyliques, ses péquenots roublards, ses sourires édentés son humanité de broc et son bestiaire qui caquette dans les pattes.Et voguez jeunesse.

Pas étonnant que l’on retrouve dans cet imaginaire foisonnant et baroque, le compagnon de toujours, le comédien Miodrag Miki Manojlovic, qui campe un truculent gangster proxénète, aux côtés d’un talentueux jeune débutant nommé Uros Milovanovic. Celui-ci est Cane (prononcer ŒTsane’ comme ŒKusturitsa’), un adolescent à qui son grand-père, un vieux campagnard, demande de partir pour la ville afin d’y vendre une vache et d’en rapporter une icône et une fiancée.

Une épopée bouffonne certes décousue, où l’on retrouve l’univers fantasque, foisonnant et poétique de Kusturica, comme une succession frénétique de gags visuels, faute de scénario solide. Bureaucrate lubrique, institutrice aux formes opulentes, ange de vertu et fille de pute, mafia zoophile et dindons au sex-appeal, la tartine est chargée.Pour l’aider à passer, le réalisateur serbe qui à 53 ans s’est tout de même présenté cinq fois à la compétition de Cannes, y ajoute un rythme endiablé tenu sans férir par des cuivres omniprésents. Dans cette esthétique en tout cas, il n’y a aucun couac.

Ú Avant-première



Kusturica promet un nouveau Maradona
Kusturica en pince pour Maradona. Cela ne date pas d’hier mais depuis le temps que le réalisateur a promis de sceller cette admiration par un documentaire, il pourrait bien présenter ce dernier au prochain festival de Cannes. Après le long-métrage de Carlos Sorin pour son compatriote argentin, que le public basque a pu découvrir à Donostia et à Biarritz, le Maradona de Kusturica promet, selon son auteur cité par le quotidien Vecernje Novosti, de "faire réapparaître la véritable personnalité de Maradona".


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