L’ETA prend l’exemple de l’indépendance du Kosovo
·Dans un entretien au quotidien "Gara" à paraître aujourd’hui, l’organisation armée appelle la société basque à s’organiser
L’organisation armée basque ETA en appelle à l’exemple du Kosovo, qui veut proclamer son indépendance par rapport à la Serbie, pour réclamer celle du Pays Basque vis-à-vis des Etats espagnol et français.Dans un entretien au journal Gara à paraître aujourd'hui et dont certains extraits ont été diffusés hier sur le site internet du quotidien, l’ETA affirme que son combat "n’est pas une utopie", et cite en exemple à suivre l’indépendantisme kosovar, et celui de l’Ecosse.
"Ce peuple a droit à son propre développement", affirme l’organisation armée, selon qui "un peuple, pour garantir sa survie, doit savoir se structurer. Et c’est dans ce contexte que nous situons le nôtre: souverain, avec son propre Etat".
Les Albanais du Kosovo, soutenus par Washington et les principaux pays européens, pourraient proclamer prochainement l’indépendance de ce territoire, ce à quoi le gouvernement serbe, soutenu par la Russie, est farouchement opposé. Quant à l’Ecosse, le parti nationaliste écossais (Scottish national party), devenu majoritaire au parlement régional en mai, s’est engagé à organiser en 2010 un référendum sur l’indépendance.
Appel à s’organiser
L'ETA a également appelé la société basque à "multiplier les travaux de reconstruction [du Pays Basque] et à s’organiser dans la lutte". L’organisation basque, qui a officiellement repris les armes en juin après avoir annoncé en mars 2006 un cessez-le-feu au cours duquel s’était amorcé un processus de dialogue avec le gouvernement, accuse l’Etat espagnol de "ne pas avoir mené une véritable transition démocratique".
Selon l’ETA, le chef du gouvernement socialiste, José Luis Rodríguez Zapatero, "a pris le même chemin" que son prédécesseur, le conservateur José María Aznar. Il a "perdu une opportunité exceptionnelle pour réformer l’Etat fasciste qu’il gouverne et laisser Euskal Herria (Pays Basque) prendre le chemin qu’il souhaiterait".
Selon Gara, l’organisation armée répond également à d’autres questions telles que le nouveau cycle électoral, le projet de consultation populaire du lehendakari Juan José Ibarretxe, ou ses propres actions armées, dont l’attentat de Capbreton.
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