RFF accélère le calendrier de la LGV
·Bernard Auroy dit qu’il n’y aura pas de nouvelle ligne en Pays Basque, RFF estime qu’il s’agit d’un effet d’annonce
Bernard Auroy, maire et conseiller général d’Ustaritz a annoncé, sans détour, qu’il n’y aura pas de nouvelle ligne à grande vitesse pour le TGV en Pays Basque nord. Ni sa génération ni celle de ses enfants ne verront de nouvelle ligne TGV en Pays Basque nord, a-t-il assuré sur les ondes de France Bleu Pays Basque.Renseignements pris auprès de l’intéressé, Bernard Auroy confirme qu’il n’y aura pas de nouveau tracé pour le TGV dans les cinquante ans à venir, compte tenu du manque de financement pour le projet, "d’après la lecture de la presse spécialisée et au vu des conclusions de la commission Barrot sur les transports". Bernard Auroy estime que la situation financière de l’Etat ne permet pas de se lancer sur ce nouveau projet, d’un coût estimé à 4 milliards d’euros, précisant que d’autres lignes, comme celle de Paris-Barcelone, accapareront les financements. Quant aux crédits européens, l’élu uztariztar estime qu’ils iront vers les pays de l’est. Bernard Auroy assure qu’il est totalement opposé au projet de nouvelle ligne en Pays Basque, et que sa position n’a pas varié depuis 1994.
Calendrier accéléré
Pour Christian Maudet, chef de projet de Réseau Ferré de France pour le tronçon Bordeaux-Hendaye de la LGV Sud-Europe-Atlantique, il s’agit tout simplement d’un effet d’annonce de l’élu uztariztar "en conséquence de l’émoi suscité par le projet auprès d’associations locales et de certains riverains".Au contraire, le calendrier sera accéléré. Si le calendrier initial prévoyait de réaliser les études pendant 5 ou 7 ans, Christian Maudet assure que les études pour le nouveau tracé seront finalisées pour 2011, soit en trois ans, et que l’enquête d’utilité publique pourra être lancée pour la fin 2011. Ainsi, le chef de projet de RFF annonce que les procédures seront "accélérées", afin de gagner du temps et de l’argent sur les études. Sur un projet initial de 50 millions d’euros pour les études (financées à 40% par l’Europe), les collectivités devraient économiser jusqu’à 10% des montants prévus sur le contrat de plan Etat-Région. De plus, il ajoute que rien ne permet aujourd’hui de mettre en doute le projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Hendaye, au lendemain du Grenelle de l’environnement qui préconise le transport de voyageurs et de marchandises par le rail. Bernard Auroy, pour sa part, n’y croit pas, en assurant que le cabinet d’études devait être nommé pour la fin 2007, et qu’"en ce début 2008 il n’est toujours pas nommé". À l’heure actuelle le financement du tronçon Tours-Bordeaux est prévu au nord, et au sud le Y basque devrait arriver à Hendaye en 2013. Les travaux en cours sur la voie actuelle entre Bordeaux et Hendaye permettront de faire la liaison rapide entre Bordeaux et l’Y Basque, avant la construction de la nouvelle ligne prévue à partir de 2020. Pour Christian Maudet "aujourd’hui nous ne sommes pas arrivés au stade de financement de ce nouveau tronçon, cela viendra sûrement à partir de 2011, par un partenariat public-privé" précise-t-il. Christian Maudet et Bernard Auroy pourront échanger leurs points de vue différents lors de la réunion organisée à la Mairie d’Ustaritz le 17 janvier prochain, au sein de la commission extra-municipale sur le TGV, qui se tiendra à huis clos.
Assises sur les transports le 19 janvier
Pour l’association Uztaritzen Ingurumena Zaindu
(Ustaritz défendre l’Environnement), qui travaille afin qu’il n’y ait pas de
nouvelle ligne en Pays Basque, le maire et conseiller général candidat à ses
propres successions "essaie d’endormir les gens avec de fausses promesses".
L’association qui souhaite organiser une consultation populaire le jour des
élections municipales au mois de mars prochain, souligne également que Bernard
Auroy se prononce aujourd’hui contre la ligne nouvelle pour des raisons
électorales, rappelant qu’il soutient au Conseil Général le président
Jean-Jacques Lasserre, fervent défenseur de la Ligne à Grande Vitesse.
Par ailleurs, l’association organise les premières
assises sur les transports le 19 janvier prochain, avec le soutien du Collectif
des Associations de Défense de l’Environnement
A partir de 9 heures à la salle Lapurdi d’Ustaritz, la
question de la problématique des transports de l’Europe au plan local sera
animée par Jean-Stéphane Devisse coordinateur du WWF et membre du bureau
coordinateur du débat sur la LGV en 2006. Une table ronde réunira Jean-René
Etchegaray, adjoint au Maire de Bayonne, Philippe Barbedienne, Directeur Sepanso
(Fédération des Sociétés pour l’Étude, la Protection et l’Aménagement de la
Nature dans le Sud-Ouest), Victor Pachon du CADE, Geronimo Prieto du Syndicat
LAB.
Un état des lieux du Transport au Pays Basque (Route,
Fer, Air, Mer), sera fait par Philippe Arretz membre du Conseil de
Développement, avant une deuxième table ronde avec la participation du syndicat
CGT des transports, de l’association LEIA (opposants à la Transnavarraise), de
l’Association Lurrazain (opposants à l’élargissement de l’A63) et de AHT Gelditu
(opposants au Y basque). L’inscription pour assister au débat et au repas prévu
le midi est souhaitée.
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