Parcours dans l’intimité de Killy Beall
·L’artiste a pris possession du Théâtre du Versant pour une anthologie, ou "un parcours dans l’intimité des formes de la vie"
Killy Beall n’a plus rien à prouver au Pays Basque et ses sculptures, ses peintures et ses céramiques, ont déjà fait l’objet d’un hommage conjoint de la ville d’Anglet et du musée de Guéthary pour célébrer soixante ans de création artistique.C’était il y a deux ans.Après avoir exploré de nombreuses voies artistiques, la jeune femme de 82 ans a pris possession du Théâtre du Versant à Biarritz pour une anthologie, ou comme le suggère l’organisateur du lieu, Jean-Pierre Sanchez, "un parcours dans l’intimité des formes de la vie".Le commissaire de cette exposition, qui se termine le 15 janvier, a ainsi souhaité présenter "un large recueil de morceaux choisis", comme "une vaste anthologie de pièces de la collection de Killy Beall, accumulées, entassées tout au long de sa vie Œde la cave au grenier’, rarement classées, jamais planifiées en vue d’être exposées un jour, mais qui témoignent de l’activité sans relâche, sur près de sept décennies, d’une femme pour se tailler une place dans le monde de l’art".
Un trait continu, comme une constante de l’‘uvre que Jean-Pierre Sanchez compare à une "entreprise archéologique, tant les couches et les strates cumulées semblaient intarissables".Pas d’¦uvres isolées, ni d’exposition à thème, mais un ensemble qui compose une partition cohérente, une "biographie globale" et se rattache à l’auteure.Enfant, Jacqueline Blanchet Beall dessinait déjà sur le sable et modelait l’argile tombée de la falaise qu’elle mélangeait avec le sable de la plage de la Côte des Basques, collecté lors de promenades avec son père architecte. Elle s’intéressait déjà à ce qui l’entourait, la mer, la montagne, le cosmos et remplissait de croquis ces carnets avant de peindre à l’aquarelle, la gouache et l’encre. Sa première ¦uvre est un petit chien qui marque le début de sa passion pour le modelage. A Biarritz, la plupart des ¦uvres présentées sont des dessins ou des aquarelles sur papier. Pas de céramiques ou de sculptures, mais ce support et cette technique qui assure, pour Jean-Pierre Sanchez, "d’une manière impressionnante la continuité de l’activité de Killy Beall et l’extension maximum de son ¦uvre dans le temps". Il faut dire que l’¦uvre de Killy Beall se distingue justement par la diversité des techniques utilisées : sculpture (en argile, plâtre, ciment, pierre reconstituée, taille directe), céramique (grès, émaux), dessin, aquarelle, huile, acrylique.
Au théâtre du Versant, le commissaire de l’exposition a choisi de disposer les ¦uvres dans deux espaces distincts autour de deux chapitres consacrés à "L’enfance de l’art"et "L’aquarelle infinie".Le premier chapitre rassemble des ¦uvres des années trente aux années cinquante et tranche dans la forme avec le second, consacré à la période allant des années 60 à aujourd’hui.Une façon pour Jean-Pierre Sanchez de "suggérer et rendre sensible deux contextes possibles parmi bien d’autres pour l’¦uvre de Killy Beall.
Installée à Anglet, où elle travaille, Killy Beall est née à Biarritz en 1925.C’est là qu’elle a suivi des cours d’art en candidat libre à la Biarritz American University, sections céramique et sculpture, entre 1945 et 1946. Elle expose depuis 1945 et répond à des commandes publiques provenant notamment de la ville d’Anglet pour laquelle elle réalise les fresques de l’Ecole maternelle Aristide Briand, le bas-relief de l’Ecole maternelle Larrebat, le groupe sculpté du Collège Endarra, les sculptures "bac à sable" des écoles maternelles Jules-Ferry et Jean-Jaurès et, dans le cadre du jumelage d’Anglet avec la ville allemande d’Ansbach, un buste en pierre de Jean-Sébastien Bach ainsi que l’écusson du jumelage.
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