L’organisation armée basque ETA a revendiqué deux attentats réalisés les 16 et 24 décembre derniers au Pays Basque sud, qui avaient provoqué des dégâts matériels mais pas fait de victime. Dans un communiqué diffusé hier par le quotidien basque Gara, l’ETA affirme que Madrid a mis en place un état d’exception visant à "détruire l’indépendantisme basque".
Les responsables du gouvernement socialiste "étaient habitués dans le passé à pratiquer le terrorisme d’Etat, et dans l’actualité ils font pareil", dénonce l’ETA tout en qualifiant le ministre espagnol de l’Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba de "ministre du GAL", en référence aux groupes paramilitaires ayant chassé des militants basques dans les années 80.
Selon l’organisation armée basque, sous couvert du "tout vaut contre l’ETA", des citoyens basques "sont torturés en totale impunité dans les casernes de la Garde Civile, on les soumet [à la torture par asphyxie avec un] sac en plastique, à la baignoire, et on les viole en leur introduisant des bâtons par l’anus". L’ETA évoque également la mort d’une proche d’un prisonnier basque alors qu’elle allait lui rendre visite. "Avec le durcissement de la dispersion [pénitentiaire] et des peines, ou avec le refus de remettre en liberté les prisonniers gravement malades, le gouvernement espagnol parie sur le prolongement du conflit", affirme l’ETA dans le communiqué publié dans la presse.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le ministre espagnol de l’Intérieur a affirmé que la meilleure des réponses est "l’action policière et judiciaire".
Le gouvernement de la Communauté Autonome Basque a pour sa part exprimé son "dégoût" et affirmé que l’ETA"est en trop, gêne et tue".