Etxerat exige des engagements après l’accident mortel
·Au lendemain de la mort d’une proche d’un détenu, l’association demande des mesures
L’association des familles des prisonniers politiques basques Etxerat a appelé hier les gouvernements français et espagnol à mettre fin à la politique d’éloignement et de dispersion pénitentiaire subie autant par les proches des prisonniers que par eux-mêmes. Cette demande fait suite à l’accident qui a coûté la vie à la belle-mère du prisonnier basque Unai Gonzalez alors qu’elle accompagnait sa fille vers la prison de Teruel, située à 500 kilomètres du Pays Basque [lire notre édition d’hier].
Les porte-parole d’Etxerat Polentzi Goikoetxea et Mila Maiztegi, qui font partie des familles enfermées depuis samedi à la cathédrale du Buen Pastor de Saint-Sébastien, ont souligné que dans ce cas concret c’est "le PSOE et le gouvernement espagnol qui sont les responsables" de la mort de Natividad Junko. Selon l’association, ces décès "rentrent dans les calculs des partis qui gouvernent la France et l’Espagne", lesquels sont "très conscients des conséquences de leur politique pénitentiaire criminelle". Etxerat a réclamé à Paris et Madrid de mettre fin à cette politique pénitentiaire et de prendre des engagements concrets dès maintenant.
D’après cette association, une trentaine de personnes ont été victimes d’accidents de la route pour la seule année 2007, et dix-sept ont péri sur la route depuis la mise en place de cette politique pénitentiaire qui oblige les proches à parcourir en moyenne 800 km par visite en France et 600 km en Espagne.
Jusqu’à quand ?
Selon l’association de défense des droits des prisonniers politiques basques Askatasuna, les accidents qui ont touché des proches de détenus ne relèvent pas du hasard. "Car cette situation n’est pas une fatalité, c’est le résultat d’une politique soigneusement pensée par des hommes et des femmes concrets, parmi lesquels les dirigeants actuels français et espagnols, qui n’hésitent pas à mettre la vie des proches des prisonniers dans la balance de la répression".
"Jusqu’à quand ces familles devront-elles choisir entre abandonner leurs prisonniers, ce qui n'arrivera jamais, et prendre le risque de mourir sur la route en allant les voir? Jusqu’à quand les partis politiques, les différents agents politiques et sociaux, les syndicats et associations se contenteront-ils, au mieux, de tièdes déclarations, quand la grande majorité de la société basque a déjà exprimé à de multiples reprises sa volonté d’en finir avec cette politique de dispersion? Jusqu’à quand ces accidents se produiront-ils dans le plus grand silence de tous ceux toujours si prompts à dénoncer la violence?" s’est interrogée Askatasuna tout en exigeant la "fin immédiate de cette politique brutale et criminelle, qui piétine de façon honteuse les droits essentiels des prisonniers et de leurs proches, qui programme de nouvelles morts chaque semaine, et qui, c’est le pire de tout, ne sert à rien d’autre qu’à s’enfoncer toujours plus profondément dans le conflit politique basque".
Des centaines de personnes se sont rassemblées mardi et hier pour dénoncer ce dernier accident mortel, dont à Bayonne, à Hendaye à Ascain ou à Saint-Jean-Pied-de-Port.
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