Descente de The Police à Bilbao
·Mise en vente des places aujourd’hui pour le concert du groupe anglo-américain qui se produira le 4 juillet au Bilbao BBk live
Attention ! Si vous êtes un vieux fan de Police, ne prenez pas la peine de lire ce long article mais courrez ventre à terre acheter votre billet.Les places seront en vente aujourd’hui à partir de 14h heures et promettent de partir comme des petits pains, avant le concert qui ouvrira, le 4 juillet prochain, le festival Bilbao BBK live.A Barcelone, en septembre dernier, 55 000 places se sont ainsi vendues en moins de 8 heures.Pour ce retour du groupe emblématique de la charnière des décennies 70 et 80, toujours populaire aujourd’hui, tous les billets se sont vendus plus de 100 euros en moins d’une heure dans certaines villes de leur tournée mondiale. Aucune raison pour que le passage au Pays Basque de Sting, Stewart Copeland et Andy Summers suscite moins d’intérêt.L’entrée au festival ce vendredi-là, dont on ne connaît pas encore les autres groupes participants, est pour l’heure fixée à 72 euros (130 euros les trois jours).D’autant que, loin de s’essouffler, la tournée initiée cette année pour célébrer les 30 ans de la création du groupe est désormais précédée du récit de ces prestations, qui mettent d’accord plusieurs générations d’inconditionnels.
L’ampoule du matin
"Je me suis réveillé un beau matin il y a trois mois, et c’est comme si une ampoule s’était allumée dans ma tête : Œje vais appeler Andy (Summers) et Stewart (Copeland)’", avait expliqué Sting lors de l’annonce de cette tournée. Bien sûr, la réalité est sans doute moins innocente (lire aussi ci-dessous).D’autant que la séparation du groupe, bien que n’ayant jamais officiellement été annoncée, avait laissé un goût d’amertume aux trois musiciens qui ont chacun mené une carrière en solo après la sortie en 1983 de leur dernier album commun, Synchronicity. Summers, 64 ans, a raconté que la manière dont le groupe s’était séparé était une source de regrets. "Une approche rationnelle aurait été de dire ŒOK, Sting, va faire un album en solo, et retrouvons-nous ensemble dans deux ou trois ans. Je suis sûr que l’on aurait pu faire ça. Nous n’étions pas en panne d’inspiration. Nous aurions pu facilement continuer et nous aurions pu encore être là (...) Je regrette que nous ne nous soyons pas payé une dernière tournée", a-t-il confié à la revue musicale Billboard.
Sting, de son vrai nom Gordon Matthew Sumner, Copeland et le Français Henri Padovani avaient formé le groupe Police en 1977, désireux de participer à la vague punk qui commençait à exploser à Londres. Le guitariste Summers les a rejoints par la suite, au moment du départ de Padovani. Le groupe s’est peu à peu forgé une réputation musicale unique mixant des éléments de pop, de punk et de reggae, connaissant un succès grandissant.
Audace et aventure
The Police, qui a fait preuve d’audace musicale en flirtant avec plusieurs genres, était considéré alors comme aventurier dans le choix de ses tournées, n’hésitant à se produire à l’étranger dans des endroits comme Bombay, Mexico ou en Egypte. Ils ont enregistré cinq albums ensemble dont les deux plus connus sont Reggatta de Blanc, qui comprend les fameux succès Message in a bottle et Walking on the Moon, et Synchronicity. Copeland avait souligné en 2001 que les membres du trio restaient amis même s’ils ne se voyaient plus régulièrement.
Vingt-trois ans après cette "année sabbatique" qui ne s’est achevée qu’en mai dernier, le trio a prouvé qu’il avait plutôt bien résisté à l’épreuve du temps, malgré le côté parfois impersonnel de ces retrouvailles sur scène, sans surcroît d’émotion.A 56 ans, le temps semble ne pas avoir de prise sur Sting, silhouette longiligne, épaules carrées et torse en V moulé dans un débardeur blanc, sans que l’on sache si c’est dû à sa pratique intensive du sport ou de l’amour tantrique, dont il a longtemps assuré être un inconditionnel.
Une bouteille à la mer
Sur une scène encadrée par des écrans géants et d’immenses panneaux lumineux, le groupe entame ses concerts par un Message in a bottle, comme une bouteille à la mer qui arriverait à bon port au bout d’un quart de siècle. Sting, sa vieille basse Fender râpée en bandoulière, invite volontiers la foule à chanter avec lui, notamment en attaquant Walking on the moon, suivi sans efforts par un public bigarré, où les jeunes gens côtoient leurs aînés grisonnants.Signe que la musique de The Police a non seulement marqué son époque, mais aussi la suivante, qui connaît sur le bout des doigts des titres comme Don’t stand so close to me, Every little thing she does is magic, De do do do, de da da da... Nouveauté 2007, les morceaux sont étirés pour laisser de la place aux solos de Summers, alternativement agrippé à sa Stratocaster rouge et sa Telecaster à la peinture écaillée. Can’t stand losing you fait toujours un malheur, comme Roxanne, sous une lumière rouge rappelant celle des quartiers chauds fréquentés par la prostituée dont parle la chanson. Le concert s’achève au bout de deux heures sur So lonely puis Every breath you take.
Ú Concert
The Police.Vendredi 4 juillet.Kobetamendi.Bilbao BBK live.Places en vente à Frudisk (Donostia) ou BBK : www.bbk.es.Tél.0034 944 310 310.
Quand les papys font du rock
"I hope I die before I get old" (ŒJ’espère mourir avant d’être vieux’), chantaient les Who en 1965. Plus de 40 ans après, ce couplet n’est plus d’actualité pour Roger Daltrey, qui jouait il y a peu à côté de Bilbao, et pour certains groupes emblématiques de l’âge d’or du rock. Une poignée de vétérans légendaires, Police, Who, Genesis, Led Zeppelin, les Stooges d’Iggy Pop, les rescapés des Doors, se sont reformés pour reprendre la route, tout comme Lou Reed, qui était encore à Donostia en septembre. Phil Collins a reformé Genesis ‹sans Peter Gabriel‹, Lou Reed a fait son retour et Van Halen a tenté de se reformer, sans succès. Les infatigables Rolling Stones continuent à mobiliser des millions de fans pour des concerts "live", en s’inspirant de leur nouvel album Bigger Bang. D’autres groupes ont dû arrondir les angles et parfois surmonter péniblement de vieux conflits pour sceller la réconciliation. Police a ainsi surpris tout le monde en se reformant, après un divorce de plus de 20 ans. Le chanteur Sting et le batteur Stewart Copeland en étaient venus aux mains pendant une tournée aux Etats-Unis et auraient refusé de partager un studio pour l’enregistrement d’un "best-of" en 1986. L’âge et les retombées financières de la réconciliation aidant, les membres du groupe semblent aujourd’hui cohabiter harmonieusement. Sting était pourtant opposé à la reformation du groupe, mais les "flops" de ses concerts et de ses deux derniers albums ne seraient pas étrangers à ces retrouvailles. Outre le plaisir de jouer avec les copains, les tournées donnent à ces vétérans un deuxième souffle de célébrité et l’occasion d’éditer compilations et DVD de concerts. Passée la cinquantaine, une tournée peut aussi être épuisante physiquement pour ces papys du rock et de la pop. Les fans d’Iggy Pop sont rassurés depuis ses deux dernières prestations au Pays Basque. Le sexagénaire chante encore torse nu et garde la pêche. Le docteur Chris Johnstone conseille beaucoup de sommeil et un sevrage total d’alcool et de drogue : "à 20 ou 30 ans, le corps est résistant, mais avec l’âge, on ne peut le soumettre aux mêmes contraintes ou stress", dit-il. La fin du bassiste des Who, John Entwistle, retrouvé mort d’une surdose de cocaïne au début d’une tournée américaine en 2002, en est la triste illustration. Pour les fans, le retour des anciennes stars du rock risque de brouiller le souvenir des années de gloire. Pete Pathides, critique rock du Times, salue les groupes qui résistent à cette mode et à l’appât du gain, citant les exemples de Johnny Marr et Morrissey, de The Smiths et d’Abba, qui se sont vu proposer des "sommes astronomiques". Pour le groupe suédois, explique Pete Pathides, un hommage rendu à un vieux groupe est préférable "au spectacle de vieillards avançant péniblement sur une scène."
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