Cela ressemblait à une queue de comète. Les blocages de lycées du Pays Basque ont été levés peu à peu cette semaine. Au lycée Louis de Foix, par exemple, d’"actif", il était devenu "passif" mercredi. Ils n’étaient plus que 400 lycéens à manifester dans les rues de Bayonne hier matin pour se retrouver à moitié moins au rond-point de Saint-Léon. En dépit d’un préavis de grève académique déposé, notamment par le SNES et la CGT, seules une douzaine d’enseignants étaient du rendez-vous.
Les étudiants également étaient absents, mais la revendication pour l’abrogation de la loi Pécresse toujours présente: "A ceux qui veulent privatiser les facs, une seule réforme: résistance !" a scandé un cortège particulièrement animé. Violons et guitares électriques ont ponctué la manifestation composée de lycéens de Tarnos, Paul-Bert, Etxepare, Louis de Foix,... qui ont notamment réalisé un sit-in devant la sous-préfecture. Plus remarquable encore, six lycéennes en blouse blanche, cheveux tirés à quatre épingles, ont déambulé au sein du cortège, chacune portant dans les mains une cervelle de porc. A la fin de la manifestation, elles ont tour à tour hurlé "intelligence/savoir: ciblée! achetée! capitaliste! industrialisée! formatée! consommée!..." Avant d’écrabouiller au sol les cervelles devant des lycéens médusés. C’était une performance de lycéennes en arts appliqués de Cantau. Pendant la grève, la création continue.
La mobilisation aussi, ont promis les porte-parole, tout en indiquant que les manifestations étaient "suspendues" . "Ce n’est pas parce que cela fait trois semaines que l’on manifeste qu’on a moins raison aujourd’hui" a lancé l’une d’elles. Et de se donner rendez-vous en janvier.
Un rendez-vous de début d’année également donné par le recteur aux représentants syndicaux quant à la création d’un bac professionnel. La "carte des formations professionnelles" a été mise "en attente" par le rectorat, tout en précisant que "les décisions ministérielles seront appliquées". "En janvier ils remettront le couvert", est convaincue Agnès Sargeni (CGT). Un enseignant du lycée Paul-Bert, faisait part de son inquiétude, quant à l’avenir des élèves les plus faibles scolairement, avec l’instauration d’une telle mesure. Qui, à ce jour, n’est qu’une note de service de M.Darcos.