Un garçon extraordinaire
Le bonhomme se cache derrière sa casquette et une barbe qui lui mange le visage, mais ses jambes le trahissent. Camille, penché sur son orgue Hammond, agite ses guibolles comme un dératé. Le Parigot était de passage à l'Atabal samedi soir pour un concert tout doux tout dub. Camille joue les crooners tendres pour dire l'amour, le sexe, le chagrin, la séparation avec des mots écrits par lui ou par des plumes telles que Jacques Lanzman ou Pierre Molinari. Tantôt il susurre ces maux depuis son orgue, tantôt il se déhanche au bord de la scène. Le voilà qui s'enfile une rasade de whisky (?) avant de lancer "Si je te saoule, je me tais, je me tais et je me saoule" et de quitter la lumière. Le chanteur tout en denim réapparaît. Ouf. Présente ses complices de scène. La bassiste entonne une ritournelle. Jolie. Les voix du percussionniste, de la batteuse et du guitariste se joignent à elle. La tournée de 27 dates en un mois et demi touche à sa fin et le Bazbaz Orchestra savoure. Humanoïde, Envie de chien, Sur le bout de la langue, Les Echecs, Tout ce que tu veux, Con d'homme : qu'il revisite ses anciens titres ou qu'il nous présente les derniers nés, le Bazbaz à la sauce Bonheur fantôme est définitivement reggae et toujours sensuel. C'est un garçon extraordinaire, qui a ce qu'il faut pour être un héros.
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