Les Basques Bondissant opérateur de l'Aide au retour de Roumains
·Le transporteur basque de voyageurs participe aux opérations d’aide au retour de Roumains depuis Lyon ou Paris
Ici 162 Roumains embarquent dans trois autocars au logo caractéristique. Nous sommes à Villeurbanne (banlieue lyonnaise). Direction Bucarest. C’était l’été dernier. Là, une dizaine de Rom quittent au petit matin l’hôtel Montesquieu, quartier de la Guillotière à Lyon. Ils pénètrent dans un bus frappé de l’image de l’homme au béret et au baluchon, et immatriculé 64. Direction Bucarest. C’était à la mi-septembre.Il s’agit d’opérations d’Aide au retour mises sur pied par l’Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM), et pour lesquelles elle lance des appels d’offres. Le principal opérateur privé de transports en commun du Pays Basque les rafle pratiquement tous. Et depuis le mois d’août, Pierre-Guy Le Cadre, directeur général du Basque Bondissant remarque qu’il y a "une accélération". Les recommandations ministérielles de Brice Hortefeux de tenter d’atteindre les 25000 reconduites n’y sont probablement pas étrangères. Du côté de l’ANAEM on précise que ce sont des opérations "ponctuelles", et que le transporteur basque n’est qu’"une compagnie comme une autre". Ces aides au retour sont de caractère "humanitaire" selon l’agence créée en 2005 de la fusion de l’OMI (Office des migrations internationales datant de 1945) et le Service social d’aide aux migrants. Elles se font sur la base du volontariat, et l’ANAEM verse à chaque personne 153 euros en plus de la prise en charge du transport jusqu’à la ville de destination finale, via l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie. "Nous raccompagnons toujours au plus près, en 4x4 parfois." Le directeur général du transporteur basque explique que "cela fait des années que nous avons des relations contractuelles" avec l’agence gouvernementale. "Nous sommes un fournisseur, on fait notre travail, nous n’avons pas à nous prononcer, en tant qu’entreprise, sur le contexte politique" minimise Pierre-Guy Le Cadre. "L’ANAEM est un client comme un autre, de la même manière que l’on peut travailler pour un syndicat pour amener des adhérents à une manifestation." Et si la compagnie basque remporte nombre de ces marchés, c’est "parce que nous sommes un des seuls transporteurs qui a cette capacité-là; les formalités aux frontières, on sait faire". "Nous avons un volant de conducteurs qui savent faire ce métier, dans beaucoup d’autres entreprises c’est métro-boulot-dodo." En outre, la société a des cars qui sont basés en permanence à Lyon ou à Paris. Curieusement ces "retours" concernent essentiellement des Roumains qui depuis le 1er janvier 2007 sont des ressortissants de l’Union européenne. Et ont donc vocation à circuler et s’établir librement dans les 27 pays européens durant 3 mois au-delà ils doivent pouvoir prouver qu’ils ont des ressources suffisantes. Ils sont citoyens de l’Union. Ce paradoxe n’est pas dissipé par l’ANAEM. Pour les explications officielles, il faut remonter à l’époque où Nicolas Sarkozy était au ministère de l’Intérieur, qui rappelait en janvier dernier aux préfets que la nouvelle législation ne leur donne pas "un droit inconditionnel au séjour" et qu’ils peuvent être "éloignés" s’ils "représentent une menace pour l’ordre public ou constituent une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale français". Si les "éloignements" contraints de Roumains ou Bulgares ont diminué, les aides au retour se sont développées. Néanmoins, la Ligue des droits de l’Homme a dénoncé début novembre des "retours humanitaires forcés" de Rom organisés dans la région parisienne. Selon l’association, la police a investi les terrains qu’ils occupaient et "proposé" une expulsion immédiate avec aide au retour. La base du volontariat est donc mise en doute par la LDH. Médecin du monde a demandé l’arrêt des expulsions des gitans roumains.
Le BB grandit
Le groupe Basque Bondissant s’est à nouveau agrandi cet été avec le rachat des autocars Larronde. Le Basque Bondissant dont le siège est à Saint-Jean-de-Luz compte désormais plus de 100 salariés, dont une soixantaine de conducteurs. Il a deux agences de voyages (l’une qui était celle de Larronde, l’autre spécialisée dans les tours à Prague, Venise,... et les festivals de rock), et une société de maintenance. En 2006, il réalisait un chiffre d’affaires de près de 4M€.
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