L’automne dans les chants d’amour d’Antton Valverde
·Le chanteur basque remet au goût les chants populaires de Charles Bordes
Portée par le piano de Karlos Giménez, la voix d’Antton Valverde semble flotter comme les feuilles de l’automne au vent du sud.Le ton est donné et l’album Hamabi amodio kanta que viennent de publier les éditions Elkar coïncide admirablement avec cette saison mélancolique et accessoirement avec la foire du livre et du disque qui se profile à Durango. Sous la direction artistique de Karlos Giménez, qui signe également les arrangements et la production, ces Douze chansons d’amour du Pays Basque interprétées par Antton Valverde constituent une compilation de chants populaires dont la première édition date de 1910 et rassemblait, à titre posthume, une partie du travail de collecte que le fameux compositeur français Charles Bordes a effectué vers la fin du XIXe siècle, sur la chanson traditionnelle du Pays Basque nord et, plus concrètement, sur les plus belles et riches chansons traditionnelles d’amour. Ce dernier, qui fut l’un des principaux rénovateurs de la musique sacrée en France en la rattachant aux valeurs du chant grégorien, de la musique polyphonique ancienne et des traditions musicales, se mit en quête, à la fin du XIXe siècle, de créer des "Archives de la tradition basque".Il fut auparavant mandaté par le ministère français de l’éducation afin de recueillir chansons, mélodies et danses populaires au Pays Basque nord. Mais son projet de publier 200 chansons populaires, religieuses ou profanes, ne put être réalisé en raison de d’une mort prématurée à l’âge de 46 ans.Ce qui n’empêcha pas le label "Rouart Lerolle & Cie, éditeur de musique", de puiser dans cette mine pour publier l’année suivante ces douze titres sur le thème de l’amour.Charles Bordes en avait présenté la majorité, parmi les plus lyriques, lors d’une conférence à Saint-Jean-de-Luz en 1897 et quatre d’entre elles étaient déjà connues grâce aux nomenclatures et recueils de Lamazou (1869), Salaberri (1870) ou Vinson (1883). Dans la restitution sensible et automnale qu’en fait Antton Valverde, on retrouve également Choriñoak kaiolan, qui, pour la petite histoire cette fois, fut le déclencheur de la passion qui anima l’érudit Tourangeau pour la musique populaire basque.
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