Lundi, l’édition américaine du quotidien économique The Wall Street Journal titrait ainsi: Basque Inquisition: How Do You Say Shepherd in Euskera? [Inquisition basque : comment diriez-vous berger en euskara?] Le titre est une déclaration d’intentions.
Keith Johnson, l’auteur de l’article, affirme entre autres que la langue basque "n’est pas adaptée à la vie actuelle". Il accuse le gouvernement de la Communauté Autonome Basque d’"obliger des milliers de personnes à retourner à l’école" et de "dépenser des millions d’euros pour tenter de faire revivre une langue rurale".
Le journaliste explique que la langue basque est un idiome d’origine "antique", "champêtre", et qu’il a été "épargné du développement qu’ont eu d’autres langues". Il affirme qu’il y a dix mots différents pour dire Shepherd [berger], mais que l’euskara se voit forcé à importer des néologismes qui "n’ont jamais eu leur place" dans la langue basque, comme par exemple "aéroport", "indépendance", "science", ou encore "démocratie", des termes tous d’origine anglaise, semble-t-il.
Parmi les témoignages qu’il présente pour fonder ses affirmations on peut trouver l’ancien ministre à la Culture et ancien dirigeant du PNV, Joseba Arregi, selon lequel, "l’euskara n’est pas bon pour une conversation de tous les jours". Et d’ajouter le témoignage de Leopoldo Barreda, parlementaire du Parti Populaire à l’hémicycle de Gasteiz, selon lequel, "l’euskara n’est pas utilisé dans la vie réelle".
L’article parle aussi de "la marginalisation du castillan en Euskadi" et d’une "inquisition basque" qui pratiquerait une espèce de nettoyage linguistique. Il faut savoir que The Wall Street Journal a récemment été acheté par le magnat Rupert Murdoch, propriétaire du géant médiatique News Corporation. Dans son conseil d’administration figure entre autres l’ancien chef du gouvernement espagnol et président du Parti Populaire José María Aznar.
Jeudi, à la suite de milliers de courriels reçus à la rédaction, l’auteur de l’article a présenté publiquement ses excuses.