L’enjeu du pluralisme avec le basculement des radios dans le numérique terrestre
Le transistor FM c’est bientôt fini. En 2015 ou en 2022, l’Union internationale des télécommunications doit en décider en 2011. La modulation de fréquence ne sera plus utilisée que par l’aviation civile. C’est peu dire qu’une révolution technologique se prépare. Et les enjeux commerciaux sont considérables la fabrication de nouveaux appareils, plusieurs milliards, qui capteront les radios qui émettront via le numérique terrestre.
Emmanuel Boutterin, président du syndicat national des radios libres (SNRL), à l’occasion de sa participation aux XVIIe rencontres Langues et cultures à Cambo, est venu en souligner les enjeux en termes de pluralisme. Car actuellement une énorme bataille est en train d’être menée en France sur la norme technique d’émission qui sera retenue. Les groupes privés (Europe 1, RTL, RMC,...) plaident pour la technique dite T-DBM. Problème, cette technologie est très coûteuse (en encodage). Au nom des radios associatives, la SNRL défend une autre norme (DAB+), en vigueur chez les Anglais, qui serait plus accessible pour les petites structures.
La SNRL, à laquelle adhèrent pratiquement toutes les radios locales (Euskal Irratiak, Lapurdi Irratia, Radio bonne humeur,...) et 600 en France, a pour l’instant obtenu du Conseil supérieur de l’audiovisuel, qu’il repousse sa décision sur la technique retenue à 2008.
Le même processus que pour la télévision se prépare. Emmanuel Boutterin fait remarquer qu’en matière cathodique (ou plasmique maintenant), les promesses d’un accroissement des ressources et des possibilités pour la télé numérique terrestre (TNT) se sont certes traduites par l’existence d’une dizaine de chaînes, mais appartenant toutes à un nombre réduit de groupes... Et que ce risque demeure en matière de radios numériques. Quand ce n’est pas un risque de disparitions pures et simples.
Critère linguistique
Quant à "la convergence numérique" (avec dès l’an prochain la télé captable sur les téléphones mobiles), la SNRL veut que les récepteurs soient multinormes. A savoir que les appareils, quels qu’ils soient, puissent capter les émissions analogiques jusqu’à la fin (2015 ou 2020 donc), afin d’accroître les délais pour que les radios associatives aient le temps de se retourner.
Le président de la SNRL a en outre indiqué que parmi les critères d’attribution du Fonds de soutien à l’expression radiophonique 28M¤ par an prélevés par une taxe sur le chiffre d’affaires publicitaires des groupes privés, devrait prochainement expressément figurer le critère linguistique. "On travaille pour" a lancé E.Boutterin dans une conférence de presse où les représentants de radios associatives étaient cette fois nombreux.
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