7 novembre 1903 il y a 104 ans :
Faux départ : Dans la comédie, on voit des personnages qui annoncent leur départ, ou que l'on chasse. Ils reculent un peu, mais restent en scène. Toutes les comédies ne se jouent pas sur les planches. Les écoles congrégationistes qui ont été fermées par les récents décrets sont toutes restées ouvertes. Nulle part la loi n'a été observée et comme par un fait exprès, pour n'avoir point à intervenir à l'heure actuelle, il n'y a pas d'inspecteur primaire dans l'arrondissement de Bayonne. M. le sous-préfet se croise les bras, puisque personne n'est là pour le renseigner.
Quant aux congrégations commerçantes, si par exemple les bénédictins ont eu l'air de partir, leurs ¦uvres restent. Il ne se fait pas un fromage ni une bille de chocolat de moins à Labastide-Clairence. Rien qu'en fromages, cinquante kilos sont fabriqués par jour et la pâtisserie bénédictine se vend toujours aux halles de Bayonne.
Dans les campagnes, la situation scolaire est pire, grâce au désarroi que les derniers mouvements ont causé. Saint-Louis-de-Gonzague n'a pas cessé d'exister, les frères et pères missionnaires d'Hasparren ne sont même plus inquiétés ; partout les s¦urs "laïcisées" reprennent le voile, les comédiens de la congrégation se sont bornés à esquiver un faux départ. Il faut reconnaître qu'ils y ont mis encore de la bonne volonté.
Et la comédie continue !
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