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Un centre d´interprétation de l´art funéraire basque ouvert àToussaint
·Un centre d’interprétation des stèles discoïdales et de l’art funéraire basques a été inauguré samedi à Larceveau
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Un centre d’interprétation des stèles discoïdales et de l’art funéraire basques a été inauguré samedi au c¦ur du bourg de Larceveau tout juste rénové.A deux pas de l’église et dans un bâtiment communal, ce lieu patrimonial réfute sa vocation muséale pour proposer un lieu vivant de réappropriation populaire de la mémoire.Entre la tentation de mieux comprendre une civilisation par ses seuls vestiges et la récupération effective de ces symboles par les marchands du temple, ce centre, inspiré de modèles similaires existant notamment au Québec, se veut un lieu de réflexion contemporaine sur l’imagerie de la mort. Au moment ou chacun célèbre la Toussaint, l’ouverture officielle de ce lieu tombe sous le sens de la culture, de la mort, de la référence au passé et de l’identité. Une réflexion qui s’adresse "davantage aux artistes qu’aux marbriers", en quête d’innovation et de mise à jour de la cérémonie d’adieu, en plein bouleversement du sens actuel de la matérialisation du deuil et de la mémoire.Une démarche que l’association Lauburu, à l’origine du projet, résume par une simple formule : "pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient". Et si la destination est dans ce cas-là entendue pour le commun des mortels, les stèles discoïdales apportent désormais leur pierre à l’édifice d’un paganisme souriant comme des soleils face au mystère toujours entier de la mort.
Près de 80 stèles discoïdales sont exposées au Centre d’interprétation de l’art funéraire basque de Larceveau. Elles proviennent essentiellement de l’Abbaye de Belloc et ont été recueillies pendant plusieurs décennies par le père Etchandy dans les cimetières du Pays Basque, la plupart en Basse-Navarre.D’abord exposées dans un jardin de l’abbaye, elles ont dû être protégées et soustraites aux regards en 1990, en raison de leur rapide érosion en plein air, à l’ombre des arbres et sous les intempéries.
Aujourd’hui rassemblées par thème, les stèles discoïdales constituent, sous un vaste auvent orienté vers le soleil levant, des ensembles illustrant les spécificités par vallées, dans le jardin de cette maison de Larceveau, ouverte gratuitement au public et sept jours sur sept.Elles reçoivent ainsi la lumière mais sont protégées de la pluie.Dans le bâtiment de trois pièces, seules quelques stèles sont exposées, avec de courtes explications. Il ne s’agit pas d’ériger un musée patrimonial au Pays Basque intérieur mais un lieu éducatif, qui restitue simplement un patrimoine commun et puisse nourrir la création contemporaine.A l’heure où ces stèles refleurissent dans nos cimetières, l’enjeu est aussi de moderniser l’imagerie discoïdale en lui donnant une nouvelle résonance. Car du message et des rites portés par ces pierres depuis le XVIe siècle, nul ne sait vraiment grand-chose, si ce n’est qu’elles véhiculent des valeurs éternelles ou universelles, fondatrice de l’humanité depuis la préhistoire.Depuis les années 70, ces pierres qui font face au soleil levant trouvent un écho dans une quête identitaire basque qui reproduit les symboles du passé. Une vulgaire tâche de copiste qui permet aujourd’hui de recenser plusieurs centaines de stèles modernes dans les cimetières sans autre référence que celle d’un passé basque. Pour l’association Lauburu qui porte le projet de ce centre d’interprétation de l’art funéraire, ces pierres attendent désormais de recevoir leur charge de sens.Car les monuments funéraires, souvent les seuls vestiges d’une civilisation, représentent aussi les valeurs de la société qui les a érigés. La nôtre n’est-elle vouée qu’à des pierres froides impersonnelles et semblables ?
Ne pas laisser cette réflexion aux religieux ou au business
"Des stèles pour qui ?" C’est à cette réflexion que Claude Labat, membre de l’association Lauburu et co-auteur du livre Les stèles discoïdales et l’art funéraire basque aimerait associer des philosophes, des poètes, des artistes surtout pour ne pas laisser cette réflexion qu’aux seuls religieux ou au "monde du business". "Les stèles qui sont proposées dans les pompes funèbres, ce n’est pas de la création. Nous, on aimerait que les gens créent, innovent". C’est dans cette idée que le Centre d’interprétation des rites funéraires de Larceveau devrait s’ouvrir "davantage aux artistes qu’aux marbriers". Claude Labat souhaite que "d’autres s’en emparent" selon le principe que plus les gens s’approprieront l’imagerie discoïdale, meilleure sera la réflexion. Il espère que ce Centre d’interprétation devienne "un outil qui va nous échapper petit à petit" et se transforme vite en lieu d’échange, ouvert à toutes les cultures jusqu’à tendre à l’universel. Le livre Les stèles discoïdales et l’art funéraire basque publié en 2004 aux éditions Elkar permet d’entamer cette réflexion à travers près de 600 photos, dessins, schémas ou cartes.
Ce centre d’interprétation a été soutenu par l’État, la Région, le Département, l’Institut culturel basque, le Conservatoire des monuments historiques, l’abbaye de Belloc, le Syndicat mixte et le Conseil d’architecture.
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