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Le "docu "complice du spectateur citoyen
·Le Mois du documentaire s’est ouvert depuis Biarritz, l’occasion de voir où en sont la création et la diffusion d’¦uvres originales
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Pour la huitième année, le mois du film documentaire a choisi de faire de novembre le temps fort du cinéma documentaire. L’objectif de cet événement est de favoriser la découverte d’¦uvres cinématographiques de qualité souvent méconnues et de faire aimer à un large public la richesse et la force du cinéma documentaire.
Au-delà des projections, de nombreux débats autour de ce cinéma seront organisés dans la région. Le premier a d’ailleurs eu lieu mercredi à l’occasion de l’ouverture officielle de la manifestation dans l’enceinte de l’auditorium de la Médiathèque de Biarritz. Constat, il faut sauver la création, enseigner l’image, permettre l’accès pour tous à différents points de vue et éviter ainsi l’uniformisation de la culture. Une mission parfaite pour les films documentaires. Encore faut-il qu’ils soient visibles.
Le parrain de la manifestation, le célèbre producteur et présentateur de l’émission Thalassa Georges Pernoud, était présent pour cette cérémonie d’ouverture. Il était accompagné des représentants des organismes qui collaborent à la manifestation en Aquitaine : Claude Villers, président de l’Agence Régionale Pour l’Ecrit et le Livre en Aquitaine, Arpel, Patrick Volpihac, directeur de l’Arpel, Jean-Michel Ausseil, secrétaire général du FIPA, et Sylviane Alaux, conseillère régionale.
"Le documentaire c’était péjoratif"
En évoquant "l’époque où le documentaire, avec des sujets sans grand intérêt, comme la vie des abeilles au Soudan, était obligatoire avant la séance de cinéma", Claude Villers a illustré le temps où un documentaire, "c’était presque péjoratif". Mais aujourd’hui les choses ont bien changé, et le film documentaire est devenu explicatif, revendicatif, politique,... bref nécessaire à tous pour ouvrir les consciences, voir le monde autrement. Problème, alors qu’il était projeté d’office dans les cinémas, aujourd’hui il n’a que de très rares occasions d’être vu. Un exemple évident de cette situation est le sort fait aux nombreux reportages diffusés lors du FIPA de Biarritz. Jean-Michel Ausseil a ainsi rappelé que "80% des programmes du FIPA ne seront pas vus sur les chaînes françaises. Ailleurs, peut-être, mais pas sur les chaînes françaises." Pourtant, "il est important de savoir ce qui se fait autrement, ailleurs" a ajouté le secrétaire général du FIPA. "Il n’y a pas que l’image américaine et puis le reste. Et c’est quoi le reste ?"
Une seule image diffusée, des programmes qui se ressemblent, Claude Villers n’hésite pas rendre coupable "l’industrie du cinéma et les directeurs de chaîne" de cette uniformisation. Ce dernier a expliqué qu’"actuellement, on a l’impression que si l’on n’est pas dans le réseau de l’industrie, on ne peut pas y arriver. Mais si on reste dans les normes de cette industrie, on a tendance à imiter les autres, et le pire, c’est ça, l’uniformisation. Alors en règle générale, il faut forcer la main des directeurs de chaîne, car sans ça ils ont tendance à basculer très vite dans le facile. Je ne parle pas de réaliser des trucs élitistes, pas du tout, mais simplement de donner l’envie de faire découvrir autre chose".
La porte vers un autre univers
Pour illustrer son propos, le président de l’Arpel a pris pour exemple les documentaires diffusés dans l’émission de son voisin, Georges Pernoud : "Thalassa réussit très bien à faire cela. Diffusé des documentaires qui ouvrent une porte sur un autre univers. Quand on ne peut pas voyager, on regarde et l’on part en Alaska, en Océanie où ailleurs, et les images de ces documentaires nous permettent de s’éloigner un peu des commissariats de police que l’on voit tous les soirs dans les journaux. C’est bien de vouloir changer." Un propos relayé par la conseillère régionale, Sylviane Alaux qui estime que l’Aquitaine a des défis à relever dans ce domaine culturel : "il faut lutter et résister à l’américanisation et à l’uniformisation de la culture. Il faut surtout refuser le nivellement par le bas des productions. Aujourd’hui nous pouvons affirmer qu’il est toujours possible de développer des programmations de qualité qui répondent à une véritable mission éducative."
L’absence de lieu de diffusion des ¦uvres documentaires entraîne aussi un autre problème pour Georges Pernoud : "cela empêche l’émergence de jeunes talents". Le présentateur de Thalassa s’est alors félicité "du rapprochement entre les petites salles de cinéma et les médiathèques pour ce mois du documentaire". "Je trouve que c’est important. S’il n’y a pas ça, on va perdre beaucoup d’auteurs dont on n’aura jamais entendu parler. Si on perd ces jeunes auteurs, on perd une partie de la culture de notre pays de nos régions. Je crois que tous ces efforts sont importants. Des fois, un petit film anodin... si quelqu’un le voit. Il en parle à son voisin, puis à un autre voisin, et le public grossit. Ainsi on peut sauver un auteur, ou en tout cas lui donner une chance d’aller un peu plus loin", a-t-il ajouté.
L’Arpel s’engage
Bonne nouvelle pour Georges Pernoud et tous ceux qui souhaitent cette ouverture différente sur le monde. Patrick Volpihac, directeur de l’Arpel, a déclaré que "le travail de son association ne se limiterait pas à ce seul mois de novembre 2007". Il a ainsi annoncé que l’Arpel "se lançait dans une collaboration avec le FIPA et le festival du film d’histoire de Pessac, avec le concours du conseil régional." Les médiathèques d’Aquitaine possèdent déjà des catalogues d’¦uvres pour la diffusion mais beaucoup de films encore, comme ceux du FIPA et du festival du film d’histoire de Pessac, n’intègrent pas ces catalogues, "pourtant ces ¦uvres ont besoin de trouver une nouvelle vie".
"L’Arpel va donc repérer ces films qui n’ont pas été identifiés, les promouvoir mais aussi en acquérir les droits pour en assurer la diffusion," a expliqué Patrick Volpihac. Demain, les salles de cinéma de proximité ainsi que les médiathèques d’Aquitaine auront encore plus de choix pour proposer des documentaires de création dans leurs salles, proposer des films de qualité, et ainsi donner l’occasion de montrer au "spectateur citoyen" autre chose.
L’audiovisuel, c’est aussi une économie
A l’occasion de la cérémonie d’ouverture, Sylviane Alaux a souhaité rappeler le rôle économique que représentait le secteur de l’audiovisuel en Aquitaine. "Nous avons des compétences professionnelles locales dans ce domaine. 3 000 emplois dans notre région sont directement liés aux métiers de l’audiovisuel. Et en matière d’accueil et de tournage, on a pu constater, qu’un euro d’argent public dépensé déclenche 7 euros investis dans l’économie régionale", a déclaré la conseillère régionale. Elle a par ailleurs ajouté que la région "avec son patrimoine historique naturel de grande qualité offrait aux réalisateurs des décors recherchés."
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