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Le JPB > Pays Basque 2007-11-02
Le juge des affaires pénitentiaires contraint le personnel médical à alimenter Iñaki Bilbao
·En grève de la faim et de la soif depuis 10 jours il a été transféré à l’hôpital de Cadix depuis la prison de Puerto III

Iñaki Bilbao en grève de la faim et de la soif depuis le 22 octobre pour dénoncer ses conditions de détention dans la prison de Puerto III en Andalousie, a été transporté à l’hôpital public de Cadix mardi soir, son état de santé s’étant gravement détérioré, présentant des dysfonctionnements hépatiques et rénaux. Après dix jours de grève de la faim et de la soif, il refuse tout aliment et ne boit pas une goutte d’eau. Le prisonnier a déjà perdu 10 kilos.

Contraint par le juge des affaires pénitentiaires, le personnel médical a fini par alimenter le détenu, qui a juré de reprendre son action si au retour à la prison ses conditions de détention ne s’étaient pas améliorées. Son état de santé serait actuellement "sous contrôle", selon une représentante de l’administration.

Selon un communiqué du comité de soutien des prisonniers politiques basques, Askatasuna, le détenu proteste "contre les conditions extrêmement dures" imposées.

"Il est en isolement total depuis qu'il se trouve à Puerto III". La prison de Puerto III a été ouverte en juin 2007, "pour répondre aux besoins de l'Andalousie" selon le gouvernement espagnol, et devait en principe être utilisée pour rapatrier les prisonniers andalous qui étaient emprisonnés dans d’autres provinces espagnoles.

Le directeur de la prison est Francisco Sanz, "tristement célèbre parmi les prisonniers basques" selon Askatasuna. Il a dirigé les prisons de Salto del Negro aux Canaries, la prison voisine de Puerto II et celle de Huelva entre autres, mettant en pratique à l’encontre des prisonniers basques des conditions d’incarcération dignes d’un autre temps.

Tous les prisonniers basques qui se trouvent à Puerto III ont été placés dans le module d'isolement et dans des couloirs différents. Il s’agit du Bayonnais Unai Parot, de Txemari Dorronsoro, Karlos Apeztegia, Antxon Lopez Ruiz, Juan Lorenzo Lasa Mitxelena et Iñaki Bilbao.

Plusieurs fouilles leur sont imposées chaque jour selon Askatasuna. "Lors du comptage des prisonniers, ils sont obligés de se mettre debout. Dans certaines prisons, les prisonniers ont gagné par la lutte l'annulation de cette mesure. Ils ne peuvent avoir en leur possession que les objets essentiels, le minimum, et seulement par deux : 2 tee-shirts, 2 livres... Le reste de leurs affaires est placé dans une réserve, et les échanges n'ont lieu qu'une fois par semaine".

Une grille métallique leur cache la lumière du jour en cellule d’après leurs proches. La promenade étant de 4 heures, ils doivent vivre 20 heures par jour avec la lumière artificielle.

"Les cellules aussi sont fouillées chaque jour. Ils sont toujours entourés de surveillants. Ainsi, 4 surveillants les accompagnent pour aller voir leurs avocats" déplorent-ils. De larges parties de la prison sont destinées à l'isolement. Les cours de promenades sont très petites, couvertes d'un grillage.

Les trois prisons de Puerto (Puerto I, Puerto II et Puerto III) se trouvent côte à côte tout près de la ville andalouse de Puerto de Santamaria et de la base navale américaine de Rota, dans la province de Cadix, à l’extrême sud de l’Espagne. En plus du Bayonnais Unai Parot qui vient d’écoper une nouvelle peine de 11 ans pour association de malfaiteurs, même s’il a déjà été condamné à cet effet, Arkaitz Saez originaire de Saint-Pierre-d’Irube se trouve dans la prison de Puerto II, où les conditions de détention sont les plus extrêmes. Dernière mesure mise en place par la direction, les autorisations de visites sont limitées à dix personnes et à renouveler tous les six mois. Ainsi le détenu doit informer six mois à l’avance qui seront ses visiteurs.

Pari répressif

Cette évolution dans la politique pénitentiaire doit être resituée dans le pari répressif que font les États espagnol et français, selon Askatasuna. "L'isolement, la dispersion, les maladies graves, les accidents, la prison à vie, forment le véritable visage de cette politique, que nous voyons encore s'aggraver aujourd'hui".

"Les prisonniers politiques servent de moyen de pression", dénonce Askatasuna. "La mise en place de mesures de plus en plus cruelles contre le Collectif provoque des situations dramatiques, avec lesquelles les gouvernements français et espagnol espèrent faire pression sur la gauche abertzale et sur tout ce qui proteste en Euskal Herria. Les prisonniers basques sont des otages dans les États français et espagnol".

Pour le comité de soutien, la situation d'Iñaki Bilbao a des responsables politiques, comme celle des 12 prisonniers qui souffrent de maladies graves et incurables et dont la libération est toujours refusée. "Il s'agit du gouvernement Zapatero et des institutions qui ont conçu et mis en pratique cette politique pénitentiaire. Sont responsables aussi les partis, politiciens et institutions qui restent aveugles, sourds et muets devant cette cruelle réalité" réitère Askatasuna.


 
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