Le verdict dans le procès des attentats de Madrid, rendu mercredi, a définitivement écarté la thèse d’une implication de l’organisation indépendantiste basque ETA, soulignait la presse espagnole hier.
Le quotidien de centre gauche El Pais explique ainsi dans un éditorial que le jugement "ne pouvait pas être plus clair et tranchant: aucune conspiration, pas l’ombre de l’ETA", à laquelle le gouvernement conservateur de José Maria Aznar avait attribué ces actions meurtrières dans les heures et les jours qui ont suivi.
"Seuls les islamistes sont impliqués", titre pour sa part en une le journal conservateur ABC, pour lequel les juges ont "établi la vérité au niveau judiciaire sur les attentats du 11 mars" 2004 et qui se défend d’avoir jamais avalisé la théorie d’une action indirecte de l’ETA.
Autre média d’extrême droite, La Razon résume ainsi le verdict: "ni ETA, ni Irak".
Le jugement n’a en effet mis en évidence aucun lien matériel entre ces attentats -les plus meurtriers commis dans les pays occidentaux depuis le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis- et la nébuleuse Al-Qaïda et s’est borné à évoquer l’action de "cellules (...) de type djihadiste".
Le tribunal a condamné 21 personnes impliquées dans les attentats au cours desquels191 personnes avaient perdu la vie et plus de 1 800 autres avaientété blessées le 11 mars 2004. Le tribunalantiterroriste espagnol, a rendu des verdicts condamnant le Marocain Jamal Zougam et l'Espagnol Emilio Suarez à 40000 ans de prison chacun. Le tribunal a néanmoins acquitté 7 des 28 accusés. Le quotidien libéral proche du PP, El Mundo préfère mettre en exergue le fait que les trois hommes qui étaient accusés par le parquet espagnol d’avoir planifié l’action, ont été relaxés sur ce point précis. Fait à l’origine du mécontentement des familles des victimes. De plus, les condamnations ont été moindres que celles demandées par le ministère public.
La thèse d’une implication, au moins indirecte, de l’ETA avait été entretenue par une partie de la droite espagnole, à la suite des accusations du gouvernement contre l’organisation indépendantiste basque. Reconnaître qu’il s’agissait d’une action d’islamistes radicaux pouvait être coûteux électoralement pour des conservateurs craignant un vote sanction aux élections du 14 mars contre l’impopulaire intervention militaire espagnole en Irak. De fait, les socialistes de José Luis Rodriguez Zapatero l’avaient emporté à la surprise générale. Ce qui avait fait naître dans les rangs conservateurs le sentiment d’une victoire volée.