Les avocats du barreau de Bayonne veulent être sûrs que la ministre entendra, ou du moins verra, leur colère. Pour cela ils entendent "envelopper" le Palais de Justice de Pau où Rachida Dati doit rencontrer parlementaires et représentants des corps judiciaires pour leur dévoiler la nouvelle carte judiciaire sur les ressorts de la cour d’appel de Pau et de Bordeaux. Les avocats seront rejoints par leurs confrères de Pau, Dax, Tarbes. Voire ceux de Bordeaux. Mais aussi par quelques magistrats.
De retour de l’assemblée générale extraordinaire des 181 bâtonniers (hors celui de Paris), Me Assié-Berasategui n’a pas décoléré mercredi soir dans le compte-rendu qu’elle en a fait à ses collègues bayonnais. La bâtonnière de Bayonne a dénoncé une méthode "violente et brutale" de la part de la Chancellerie qui finalement dévoile région par région ses décisions sur le remodelage géographique des tribunaux. Loin de la concertation promise fin juin. Le Comité consultatif mis en place par Rachida Dati ne s’est réuni qu’une seule fois. Sa seconde réunion, riche des propositions remises par les différents chefs de cour auxquelles a notamment participé un groupe bayonnais n’est prévue qu’à la fin du mois.
Le principe de se remettre en grève n’a pas été retenu par la Conférence des bâtonniers. En revanche d’autres modes d’action ont été soumis à l’assemblée générale des avocats de Bayonne mercredi soir.
Ainsi, les audiences de ce jour seront reportées afin de pouvoir manifester à Pau où Me Assié-Berasategui espère pouvoir prendre la parole devant la ministre en tant que bâtonnière. D’autre part les avocats suspendent sine die la signature de convention pour un protocole de communication électronique avec les tribunaux. Plus spectaculaire, la bâtonnière ne désignera pas d’avocats à la commission d’office pour l’aide judiciaire. Après intervention de Me Capdevielle, cette mesure pour "ne pas pénaliser que les pauvres qui ont recours à leurs services" est étendue aux consultations gratuites assurées au Tribunal de commerce, ainsi qu’à France Bleu Pays Basque.
Lors du débat, Me Etchegaray s’est dit convaincu qu’à terme c’était l’avenir de la Cour d’appel de Pau qui était compromis, et que "bien entendu personne n’oserait supprimer le TGI" de Bayonne. Néanmoins, l’adjoint au député maire Jean Grenet, a souligné un paradoxe": "Il faut soutenir Pau et le maintien de sa cour d’appel, en raison de sa centralité (entre Bigorre, Landes, Béarn et Pays Basque), mais surtout parce que sans sa cour d’appel c’est le TGI de Pau qui serait renforcé, en compensation, et aux dépens du TGI de Bayonne qui serait vidé de compétences pour ne devenir qu’une coquille vide".
A ce stade, la bâtonnière n’était informée d’aucune des dispositions prises place Vendôme. Précisions aujourd’hui.