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Le JPB > Sujet à la une 2007-10-13
Jean LISSAR / Conseiller régional Vert d’Aquitaine
Le grenelle ne sauvera pas l´avenir de la planète

Jean Lissar est conseiller régional vert. Lundi, il sera à Périgueux pour participer au débat décentralisé du Grenelle de l’environnement.

Comment vivez-vous ce Grenelle de l’environnement?

Les Verts ont décidé d’aller à ces débats via la présence d’une trentaine de personnes qui ont pris part aux ateliers. En effet, les partis politiques ne sont pas invités en tant que tels. Mais nous ne sommes ni dupes ni naïfs, nous savons quel piège cela peut être. Certains veulent faire croire qu’en fermant le robinet chaque fois que l’on se lave les dents, on peut régler le problème de l’eau au niveau planétaire.

Comment se sont passées les discussions jusqu’à maintenant?

Notre premier constat est que les comptes-rendus des discussions qui ont eu lieu à Paris ne correspondent pas à ce qui s’est dit dans les groupes de travail. Certaines choses ont été arrangées, d’autres ont été oubliées à l’heure du bilan. Il y a des présupposés et on essaye de faire entrer les discussions dans le cadre. Certains ateliers ont été très durs, celui sur l’agriculture ou sur les OGM par exemple. On sent la pression très forte des lobbys.

Sur quoi va déboucher ce grand processus selon les Verts?

C’est un processus assez politicien. La tendance est de donner de fausses bonnes réponses. Comme par exemple dire que les agrocarburants sont une solution face à la forte consommation de pétrole ou que les OGM permettront d’éviter l’utilisation des pesticides. Le Grenelle ne sauvera pas l’avenir de la planète. Peut-être mettra-t-il la France au niveau des pays nordiques. C’est un outil comme les autres mais ce n’est pas la solution à tous nos maux.

Cela permet quand même de parler plus largement que jamais de la défense de l’environnement...

Oui c’est clair. Jamais ce genre d’initiative n’a été prise par un gouvernement. Le sujet est au centre du débat politique. Mais je ne crois pas au grand soir. Ce sera une étape comme il y en a eu d’autres avant. Si on voulait que le Grenelle règle les problèmes environnementaux en France, la société devrait entrer dans de nouvelles logiques non productivistes, économes. Là mes espoirs sont assez limités.

Vous parlez de société. N’est-ce pas précisément à chacun de faire plus d’efforts sans attendre tout d’en haut ?

Là n’est pas le problème. Les citoyens sont-ils capables d’accepter de petites contraintes quotidiennes pour changer le système, peut-être que oui, peut-être que non, c’est une question d’appréciation. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, ils n’ont pas le choix. Nous sommes dans un système hyperproductiviste, superconsommateur, il n’y a que les pouvoirs publics qui peuvent changer les grandes orientations. Les comportements individuels n’y suffiront pas.

Certains avancent déjà que le budget alloué aux actions à venir est très faible et qu’il augure un manque d’ambitions...

Aujourd’hui, on ne sait pas quel argent sera mis là-dedans. Il y a des mesures qui ne coûtent rien: diminuer la vitesse sur les autoroutes, interdire les OGM... Le problème n’est d’ailleurs pas ce que ça coûte mais quelle est la capacité du gouvernement à résister aux grands lobbys (routier, nucléaire, agricole...) alors qu’il est en fait leur représentant.


 
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