Gara: Latest news - Printed edition  |  Le Journal |  Documents
Google
EUS | ES | FR | ENG
 » PRINTED EDITION
  - Index
  - Sujet à la une
- Basque Country
- Local
- Opinion
- Culture
- Sports
 » DOCUMENTS
 » Hemeroteka
Le JPB > Sujet à la une 2007-10-13
Le fruit des discussions du Grenelle de l’Environnement attendu avec impatience
·Après les débats parisiens, la parole est donnée aux régions avec une réunion lundi à Périgueux pour le sud-ouest

"Grenelle de rupture ou Grenelle de dupes ?" La question posée par Les Verts résume les interrogations de bien des participants à cette large consultation lancée par le gouvernement français sur les nécessités de préserver l’environnement. Après une première étape parisienne, les discussions et le commentaire des propositions avancées jusqu’ici ont été décentralisés dans les régions. Pour l’Aquitaine, le Lot, les Charentes et Charentes-Maritimes, la Haute Vienne et la Creuse, une seule réunion est organisée, lundi prochain à Périgueux (Dordogne). Plusieurs responsables associatifs et politiques du Pays Basque feront le déplacement.

Bien que dubitative sur la portée réelle de cette grande procédure, qui devrait être achevée fin octobre, la grande majorité des acteurs environnementaux a pris part aux différents groupes de travail qui décomposent ce Grenelle. Ils n’ont toutefois pas manqué de dénoncer certains préalables du gouvernement à cette consultation comme le fait que le nucléaire n’entrerait pas dans les discussions.

La première partie du Grenelle a eu lieu à Paris et chaque groupe de travail a déjà émis un certain nombre de propositions qui devraient servir de base à la "feuille de route" que le gouvernement veut définir à la fin des discussions. "Le Grenelle doit aboutir à la fin du mois à un plan d’actions de 15 à 20 mesures concrètes et quantifiables recueillant un accord le plus large possible des participants", avait indiqué Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie en lançant le processus.

Jeudi, son ministère a envoyé aux participants du Grenelle un document de travail, baptisé "canevas de discussions" que les membres des collèges ayant participé aux groupes de travail peuvent continuer à enrichir jusqu’à la table ronde finale.

Bâtiment. Le document indique que "la meilleure énergie est bien celle que l’on ne consomme pas", ce qui semble représenter un glissement sémantique important après des années de soutien à la filière nucléaire. Le gouvernement propose un "plan thermique de grande ampleur", s’engage à mettre aux normes son propre patrimoine en cinq ans et reconnaît qu’une incitation financière "puissante" est nécessaire pour le parc privé. La proposition du rapport Pelletier de mise aux normes obligatoire lors des cessions de biens est également reprise.

Transport. Aux associations qui réclamaient un moratoire sur les autoroutes, le texte répond: "le paradigme actuel, fondé sur la priorité accordée aux infrastructures routières et autoroutières doit être abandonné au profit d’une logique de développement intégré, dans laquelle la route et l’avion deviennent des solutions de dernier recours". Concrètement, un programme des infrastructures de transport est prévu d’ici à la fin 2008, avec à la clé 1.500 km de lignes de tramway et 4.500 km de lignes à grande vitesse. Mais le financement nécessaire, 34 milliards d’euros, n’est pas précisé. Si le principe d’une nouvelle limitation des vitesses autorisées pour les automobiles devrait satisfaire les associations de défense de l’environnement, la prime au renouvellement du parc de véhicules anciens sera critiquée, car elle incite à acheter une voiture au lieu d’inciter à choisir un autre mode de transport.

Fiscalité. Le gouvernement a l’intention de se doter d’une fiscalité environnementale plus moderne permettant de prendre en compte les coûts environnementaux. Mais ces mesures sont complexes, la taxe CO2 est rebaptisée "contribution climat énergie". Il est juste indiqué qu’elle sera étudiée. Elle devrait être à la charge du consommateur. En revanche, l’éco-redevance kilométrique est prise en compte pour les camions, de même que l’éco-pastille avec bonus-malus pour les automobilistes.

Energie. Le sujet du nucléaire est écarté, avec une promesse, celle de hisser la recherche sur les énergies renouvelables et le stockage du CO2 au niveau de celle dévolue au nucléaire civil. En revanche, l’interdiction à la vente des appareils les plus consommateurs d’énergie, la fin de l’utilisation des lampes à incandescence à l’horizon 2010 sont mises sur la table avec la promesse d’atteindre, voire dépasser l’objectif européen de disposer de 20% d’énergie renouvelable.

Biodiversité. "La biodiversité doit devenir un élément central des politiques publiques, ce qui constituerait une révolution", affirme le document de travail avant de proposer la constitution d’une trame verte, pilotée localement dans un cadre garanti par l’Etat, et la création d’une "agence nationale de la biodiversité".

Agriculture. La France doit être autosuffisante en matière d’agriculture biologique. Un objectif chiffré sera fixé, le gouvernement propose 6% des surfaces agricoles utiles en 2010 et 20% en 2020.

Pesticides. Un retrait des pesticides ou engrais les plus dangereux est promis, de même que la conclusion d’un "contrat national de réduction des pesticides". Mais aucune obligation chiffrée n’est fixée alors que les associations réclamaient une baisse de 25% puis 50%. La question de savoir s’il faut parler de quantités ou de toxicité n’est pas résolue.

OGM. Le moratoire sur les OGM n’a pas, non plus, été retenu. Seul le vote d’une loi "affirmant les principes de responsabilité et de transparence" est cité, de même que la création d’une autorité administrative indépendante sur les biotechnologies. La loi devrait fixer un régime de responsabilité juridique, incluant les fabricants de semences, et un régime d’assurance.

Déjà, les Verts voient dans ce document de travail provisoire "des signes avant-coureurs inquiétants".

"Ce document précise certains points, mais ce sont des reculs : ainsi ne parle-t-on plus de moratoire sur les cultures OGM et repousse-t-on lointainement toute restriction des pesticides", a regretté M. Wehrling, porte-parole des Verts. "Il se rattrape avec des grands objectifs qui se veulent ambitieux sur le logement par exemple, mais ils restent - toujours et encore - de l’ordre des grandes déclarations qui ne trompent plus personne, a-t-il ajouté.

De son côté, la FNSEA s’est dite prête à accepter un gel "provisoire" des OGM "jusqu’au vote d’une loi permettant de clarifier leur statut et les conditions de leur exploitation en France". La condition est que le texte "prenne effet avant les prochains semis du printemps". En clair, un gel d’hiver (période durant laquelle il n’y a pas de semis) et qui deviendra caduc si aucune loi n’est votée pendant ces quatre prochains mois.

Lundi, ce sont tous ces sujets qui seront abordés à Périgueux, lors des six ateliers du matin, réunissant chacun une trentaine de personnes, et de la réunion publique de l’après-midi où plusieurs centaines de personnes sont attendues. Bref, une réunion qui servira surtout à présenter ce qui a déjà été proposé à Paris, la discussion sur autant de sujets et devant un public si nombreux risquant d’être plutôt limitée.



"On a d’autres chats à fouetter que de faire semblant"

Les écologistes du Collectif des Associations de Défense de l’Environnement du Pays Basque ne feront pas le déplacement jusqu’à Périgueux. "On a d’autres chats à fouetter que de faire semblant", commente Victor Pachon, président du CADE. "Il y aura sans doute une déclaration sur les transports mais dans la réalité, on ferme le fret. S’agissant des OGM, l’exercice consiste à savoir comment annoncer qu’on les arrête quand on les continue. Le ministre de l’agriculture dit qu’il faut produire plus, celui de l’industrie qu’il faut travailler plus. Sur ces bases, on n’est pas prêt de voir la décroissance des transports".



"Le Grenelle crée le débat mais aura t-il une portée réelle ?"

Le Grenelle sert à porter quelques débats sur la place publique. C’est une bonne chose. Toutefois la démarche qui est participative n’a aucun pouvoir décisionnel, sans compter que certains sujets comme le nucléaire ont, d’entrée, été écartés des discussions. Les consommateurs attendent notamment que les aliments bénéficient à l’avenir d’un étiquetage plus simple et plus transparent. Nous voulons être informés de la présence d’OGM, de l’éventuelle utilisation des techniques d’irradiation, de l’impact sur l’environnement de ces produits. Le Grenelle semble aller dans ce sens mais aura-t-il une portée réelle ?

 



"Si ça sert à tracer quelques pistes, ce sera une avancée"

Je vais à Périgueux lundi mais je n’attends pas un miracle de ces discussions. Il faudra bien se préparer pour se faire entendre. Si le Grenelle sert à tracer quelques pistes positives ou à apporter des débuts de réponses à des sujets comme celui des OGM, ce sera une avancée certaine. Pour l’agriculture, une démarche de certification des exploitations est proposée: si ça peut se faire de façon simple ou en accolant la démarche à des labels déjà existants comme les AOC par exemple, d’accord. Si c’est une procédure de plus dans une agriculture déjà très administrée, c’est à voir. Il ne faut pas encore compliquer les choses.



"La finalité du Grenelle c´est une grande prise de conscience"

Le Grenelle de l’Environnement est une bonne chose. Il faut sensibiliser tout le monde à la préservation de l’environnement. Nous, on a déjà commencé avec la fête de la Corniche (à Hendaye). La finalité du Grenelle c’est une grande prise de conscience. Tout ça commence d’abord par la civilité des Français. Il y aura aussi des actions concrètes. C’est fait pour ça. Ira-t-on aussi loin que c’est souhaité? Je ne sais pas. On ne va peut-être pas acheter des vélos à tout le monde mais c’est le début de l’éducation. Il faut du bon sens, on ne peut pas continuer comme aujourd’hui. Il faut penser aux générations futures.

 



"Je n´y vois que des avantages, y compris pour les entreprises"

Je vois essentiellement deux points positifs à cette démarche. D’abord, on ne peut pas rester les bras croisés face à la situation environnementale actuelle. Il est temps de trouver des solutions sur les déchets, les transports, etc. Nous avons une responsabilité forte à ce sujet. Ensuite, je vois là une opportunité pour les entreprises de trouver de nouveaux secteurs d’activité. L’environnement ouvre un nouvel horizon sur des marchés porteurs, qu’il s’agisse d’automobile, d’habitat... Cela va générer de nouveaux métiers et de nouveaux emplois. Cette prise de conscience doit impliquer tout le monde, je n’y vois que des avantages.


 
Print
 
...More news
Sujet à la une
Le fruit des discussions du Grenelle de l’Environnement attendu avec impatience
Pays Basque
«On peut interdire tout un parti, mais le problème restera entier»
Pays Basque
« Le trou de la Sécu est un déficit volontairement créé par l’Etat »
Culture
La diaspora basque, thème central de la quatrième édition du Xalbador Eguna
Sports
"Faire notre jeu et se libérer"
Pays Basque
Un référendum sur le TGV marquera les élections municipales
  © 2006 Baigura | Contact | About us | Advertise