Jean-Michel LUTEAUD / Entraîneur Hormadi
"On aura une équipe compétitive, mais il ne faundra pas croire que l´on va se balader"
Relégué sportivement en D1 puis administrativement en D2 et D3, l’Hormadi a vécu dernièrement trois mois difficiles remplis d’incertitudes et de crispations. Les Angloys ont finalement opté pour la voie du championnat d’Espagne qui démarre ce soir (18h30 à La Barre) face à la formation catalane de Puigcerda. Le point avec son entraîneur Jean-Michel Luteaud.
Comment avez-vous vécu ces derniers mois ?
Ça a été extrêmement difficile. L’incertitude, c’est le pire. On attendait, et on avait jamais les réponses. Un coup on pensait jouer en D1, ensuite la D2, puis la D3 et enfin le championnat d’Espagne. Ça n’a pas été facile. Il faut quand même souligner que les joueurs avaient accepté de jouer en D1 sans rémunération en faisant un geste énorme envers le club. Aujourd’hui on a trouvé une bonne porte de sortie et les joueurs s’y sont bien préparés.
Que vous inspire ce dernier retournement de situation...
Au départ ça nous a énormément surpris. Maintenant, quand on analyse bien la situation, c’est une excellente porte de sortie. Ça va permettre de vraiment remettre les comptes à plat par rapport aux soucis que l’on a eus avec l’URSSAF et les impôts car l’avantage du championnat d’Espagne est que les déplacements sont de 4000 kilomètres contre 20 000 dans la Ligue Magnus. La Fédération Française a accepté le "deal" à condition que l’on aligne une équipe en championnat de D3, et ça aussi ça ne sera pas facile à gérer. Alors, financièrement, c’est une bonne opération. Sportivement, je connais un peu le championnat d’Espagne, et je crois qu’il y a deux ou trois équipes du niveau de fin de tableau Ligue Magnus, haut de tableau D1. Ça ne sera donc pas simple pour nous. Il ne faudra pas croire que l’on va se balader.
Vous ne pouvez pas être champions d’Espagne, il y aurait une compensation ?
On ne peut pas être champions d’Espagne parce qu’il faudrait que l’on ait des licences espagnoles. En revanche, la Fédération Espagnole nous a certifié que l’on irait jusqu’au bout. Si on doit jouer la finale, on le fera, et si on la gagne, on ne s’appellera pas les champions d’Espagne, mais les champions. Côté financier, comme ici il y a toujours des retombées économiques, mais les dirigeants de l’Hormadi on veut profiter de la situation pour attirer des nouveaux sponsors car on connaît l’engouement des entreprises pour le sport de l’autre côté.
Quels sont les mouvements dans l’effectif ?
Depuis le mois de mai, on a eu beaucoup de mouvements de joueurs. Aujourd’hui on peut dire qu’on aura des leaders dans l’équipe. Il y aura Daramy, Lassale, Bellier, Rousselin, puis il y aura également des jeunes qui sont fidèles au club comme Thomas Moulia, Cantos, Laroque, Viard, Teixeira, Mathieu Saint-Marc nous a rejoints. On aura donc un groupe capable de relever le défi.
Il y a eu des départs aussi ?
On a malheureusement perdu Grenier, Favreau, Figved, Courally, PatardŠ C’était quand même des joueurs importants dans le groupe, plus quelques joueurs qui étaient censés nous rejoindre et qui finalement ne viendront pas.
Qui aurez-vous dans les buts ?
Franck Dessolin, un junior de 1987 qui a joué au hockey jusqu’à il y a deux ou trois ans, parti ensuite au roller et qui est revenu cette saison. On aura également Bruno Graciet, un ancien gardien de but, qui n’a pas un grand niveau de hockey mais qui est prêt à travailler dur pour progresser. On arrivera peut-être à faire venir un joueur ou deux joueurs, je me suis gardé encore quelques portes de sortie.
Comment fera l’entraîneur pour gérer les deux équipes, une en championnat d’Espagne et l’autre en D3 ?
C’est tout une gymnastique. On a la chance d’avoir 18 joueurs sur le groupe qui disputera le championnat d’Espagne. Les juniors joueront leur championnat junior où il n’y a pas beaucoup de rencontres plus le championnat D3 avec l’apport de quelques anciens qui reviennent. Ils vont également évoluer dans le championnat d’Espagne quand le calendrier le permettra, et vice-versa. Ça ne s’annonce pas facile à gérer, mais il faudra le faire.
Quels objectifs vous fixez-vous, dans les deux championnats ?
En D3, on essayera de jouer les premiers rôles pour essayer de remonter, et même chose pour le championnat d’Espagne. On sait que ça ne sera pas simple dans les deux cas, mais il faut être ambitieux. Le club a besoin de retrouver le succès.
Croyez-vous que l’on pourra revoir l’Hormadi dans l’élite hexagonale ?
Bien sûr, mais aujourd’hui l’Hormadi a besoin de se restructurer. De parier sur la formation parce que l’on a des problèmes à ce niveau. Tant que l’on n’ouvrira pas les yeux et que l’on ne mettra pas les moyens sur la formation, on n’y arrivera pas. C’est en passant par là que l’on retrouvera le haut niveau. Faisons donc les choses tranquillement. Mettons des bases solides pour y aller doucement et quand nous y arriverons ce sera plus facile.
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