"L’Autre" ailier des Springboks
·Dans l’ombre d’Habana, JP Pietersen se fait peu à peu un nom... depuis son plaquage sur Rawaqa
Dans l’ombre de Bryan Habana, star établie du XV sud-africain et du rugby mondial, JP Pietersen, "l’autre" ailier, se fait peu à peu un nom et un statut, par les talents de finisseur qu’on lui connaissait, mais aussi en se révélant défenseur-sauveur de la nation. Afrique du Sud-Fidji en quart à Marseille, 23-20, 67e minute. Une énième vague d’attaquants fijdiens vient déborder la défense Springbok. En bout de course, le deuxième ligne Ifereimi Rawaqa se jette dans l’en-but, plaqué dans le mouvement par Pietersen. Ballon aplati, mais sur la ligne de ballon mort. Ce plaquage évita peut-être aux Springboks de basculer dans l’abîme, comme la veille Wallabies et All Blacks. "On a de la chance d’en sortir vivant...", souffla Smit.
Surtout, il a catapulté Pietersen dans les titres -"JP sauve la mise"- de la presse sud-africaine, pour des vertus défensives sur lesquelles planaient encore il y a peu des points d’interrogations, en face-à-face, comme sous les chandelles. "Ce plaquage, c’était comme prendre cinq joueurs en un", racontait le jeune Pietersen, 21 ans (1,90 m, 85 kg), de son élan défensif désespéré sur Rawaqa (1,97 m, 117 kg). "J’ai fermé mes yeux et j’ai essayé d’y aller le plus durement possible". "Dans le plaquage, j’ai gardé mes yeux sur la balle. Et j’ai su que c’était bon et que je l’avais poussé sur la ligne. J’imagine que j’ai juste eu de la chance qu’il tienne le ballon du mauvais bras" (extérieur) pour aplatir, ajoutait-il.
Pietersen, envoyant en touche un 2e ligne qui lui rend 30 kilos, était une douce revanche de l’histoire, pour ce jeune métis de Stellenbosch, né dans une famille de rugby. Mais qui se morfondait en 2e ligne en Scolaires, cantonné d’office à ce poste à cause de sa taille, jusqu’à ce que son oncle, l’ex-ailier du Natal Christie Noble, décèle son talent et le prenne... sous son aile.
Cinq fois sollicité
Pietersen, qui évoluait aux Sharks, a déjà quatre essais au compteur à ce Mondial, dont un doublé remarqué contre l’Angleterre (36-0), est bien conscient qu’il a envoyé un message fort sur sa défense. Et confirmé, en 13 sélections, l’impressionnante progression depuis ses débuts en 2006. C’est pour cette raison que Jake White, entraîneur Springbok, a sollicité Pietersen pour chacun des cinq matches à la Coupe du monde à ce jour, conscient que le jeune ailier de Stellenbosch, qui a soufflé le N.14 à Willemse de peu avant la compétition, s’améliore à chaque sortie, et "est le type de joueur qui bénéficie de jouer chaque semaine".
Certes, c’est Bryan Habana, son vis-à-vis sur l’aile gauche, peut-être plus explosif et électrique, mais sans doute moins coulé, qui vient d’être désigné -comme en 2005- parmi les cinq nominés pour le titre de joueur Mondial de l’année 2007. Mais JP Pietersen, qui a terminé le dernier Super-14 meilleur marqueur de la compétition (11 essais en 13 matches), "va finir comme une des stars de ce Mondial", a prédit l’entraîneur sud-africain.
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