10 octobre 1895 il y a 112 ans :
Cher ami, je vous serais extrêmement reconnaissant si vous vouliez bien porter à la connaissance de qui de droit le fait suivant : Aujourd'hui, m'étant assis sur un banc de la place Jacques Portes, je me sentis tout d'un coup suffoqué par une odeur pestilentielle. Vérification faite, je constatai qu'elle émanait de nombreuses charognes de rats déposées au pied d'un arbre, dans le milieu d'une allée, en face de la porte d'entrée du pensionnat Saint-Bernard (actuellement le magasin des Galeries Lafayette à Bayonne n.d.r.). Veuillez agréer, cher ami, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Cher ami, l'entretien des urinoirs de la ville de Bayonne laisse particulièrement à désirer. Tantôt il y a trop d'eau, et celle-ci coule si fort qu'on ne peut s'en approcher, surtout lorsque les urinoirs sont à cuvette, comme dans les rues Marsan et Marengo. Tantôt, lorsqu'ils sont d'un système différent où l'eau glisse le long des parois jusqu'à terre, par exemple dans la rue Militaire, on ne peut guère y aller que muni d'échasses pour traverser l'inondation. Tantôt enfin l'eau y manque tout à fait ou s'y déverse si parcimonieusement qu'avant de s'y présenter il faut, à cause de l'odeur, se boucher hermétiquement les narines. Recevez, cher ami, mes sincères salutations.
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