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Les archives basques accessibles à domicile
·La première pierre du futur Pôle d’archives du Pays Basque a été posée hier, pour une ouverture début 2009
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Le registre du Biltzar du Labourd du XVIIIe siècle aura bientôt un nouveau domicile. La première pierre du futur "Pôle d’archives de Bayonne et du Pays Basque" a été posée hier. A l’angle de l’avenue Duvergier de Hauranne et de l’avenue d’Aquitaine s’élèvera au début de l’année 2009. Les Démos ont promis voilà 7 ans la restitution de l’ouvrage (lire ci-dessous) à cette réalisation. Il n’y a plus longtemps à attendre. Et la satisfaction était déjà là au sein des élus comme des professionnels présents.Le bâtiment réalisé par un cabinet de Toulouse se dotera de toutes les techniques modernes de conservation et de consultation de documents sur une surface de 3000m2. Le coût s’élève à 7M€ pris en charge par le Conseil général et l’Etat (30% via la DRAC). Toutes les archives du Pays Basque pour l’instant situées à Pau seront transférées à Bayonne, soit l’équivalent de deux kilomètres de linéaires. Quant aux documents concernant le Pays Basque et le Béarn, ils resteront à Pau, mais ils seront accessibles à Bayonne grâce à leur numérisation ce sont 8 millions d’images qui ont été numérisées. Les documents transférés sont les registres paroissiaux et ceux de l’Etat civil des communes du Pays Basque, le fond des Etats de Navarre, le fond de l’Amirauté de Bayonne, de l’Évêché, de l’Hôpital (le plus ancien date de 1532), du Génie ou encore de la fédération française de pelote basque.
La règle des 2000 habitants
Concernant les communes, le règlement veut que pour celles de moins de 2000 habitants, le dépôt d’archives de plus de 100 ans est obligatoire. Elles iront à Bayonne. Les communes de plus de 2000 habitants ont le droit de se doter d’un système d’archives (dans de bonnes conditions de conservation s’entend). Nul doute que nombre d’entre elles préféreront se décharger d’une tâche qui sera mieux assumée par un tel équipement. Les communes de Biarritz et Bayonne ont d’ores et déjà promis qu’ils y mettraient leur propre fonds. Celles de Bidart, Boucau, Hendaye, Mauléon, Saint-Jean-de-Luz, Urrugne et Ustaritz ont également signé une convention avec ce Pôle. La Chambre de Commerce et d’Industrie serait aussi de la partie. Des fonds privés (de quelques familles) y seront acceptés.Des documents qui ne bougeront plus eu égard aux risques encourus par chaque transfert (d’accident de la route, de vol, d’humidité, d’incendie,...) a déclaré Etienne D’Alençon, responsable du futur Pôle, qui a mis en avant les avantages des nouvelles technologies avec une consultation qui sera possible par internet en 2008.
Bayonne capitale
Le centre sera "un véritable pôle d’archives et non pas une annexe des archives départementales de Pau" affirme le Conseil général. Jean-Jacques Lasserrre, son président UDF, a ainsi souligné, presque euphorique, ce "moment qui va marquer l’histoire", pour accueillir "le gisement et la mémoire exceptionnels du Pays Basque" avec "une bien meilleure diffusion de la chose gardée". Martine de Boisdeffre, la directrice des Archives de France, lui a emboîté le pas en évoquant la nécessité de "rapprocher les archives des usagers".Le député maire UMP Jean Grenet a salué "un projet très attendu, innovant et fédérateur", et avec un accent presque militant, "la satisfaction d’une revendication". Il a ainsi réaffirmé "la vocation et la volonté de centralité" de Bayonne, l’illustrant curieusement par l’existence d’une antenne du Conseil général dans sa cité. Il en a profité pour s’inscrire contre "la mode du 1 par département": "je me suis battu chaque fois pour que ce soit 2 dans ce département, le combat est permanent". Songeait-il à la revendication du département Pays Basque contenu dans ce fameux registre ?
Première demande en 1997
"Tout arrive !" a commenté avec un large sourire, Maite Lafourcade, professeure émérite de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Celle qui avait été à l’initiative d’une première demande en 1997 réclamant la création d’un centre d’archives au Pays Basque pour les enseignants et chercheurs était manifestement ravie d’être de la cérémonie de la pose de la première pierre. En 1999, la spécialiste de droit basque avait lancé une pétition qui avait recueilli 122 signatures auprès de gens de la République des lettres. Le premier projet visant à ce que les archives du Pays Basque disposent d’un lieu émerge alors, a rappelé Martine de Boisdeffre, la directrice des Archives de France. Il sera tout simplement enterré. En 2000, ce sont les Démos qui s’emparent de l’affaire. Mieux, ils s’emparent en juin au centre d’archives de Pau du registre du Biltzar du Labourd dans lequel une délibération du 18 novembre 1789 réclame notamment la création d’un département Pays Basque. Peio Etcheverry-Ainchart s’est invité hier à la pose de la première pierre et souligne avec gourmandise que l’emprunt du document était motivé "par les mêmes raisons avancées aujourd’hui par les élus à cette cérémonie". Il rappelle que cela s’était traduit par 15 gardes à vue et quatre condamnations, dont la sienne. L’ancien animateur des Démos précise toutefois que depuis lors, trois chercheurs ont pu consulter le document, dont l’un pour une thèse. Comme promis, le registre sera rendu à l’ouverture du centre, a confirmé P. Etcheverry-Ainchart. Et de tirer la leçon que "une stratégie non-violente constructive peut donner des résultats".Tasca à la relance en 2001 Le projet sera relancé en octobre 2001 par la ministre de la Culture Catherine Tasca lors de sa venue pour l’inauguration du Musée Basque. En 2003 le Conseil général décide le lieu de son installation à proximité de son antenne bayonnaise. Puis changement en 2005. Ce ne sera plus la caserne de la Nive, mais un peu plus haut, à l’entrée nord de la ville. "C’est vrai que ce projet a mis un peu de temps" a reconnu hier le président du Conseil général. 10 ans depuis sa première demande.
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