Eneko Gorri / L’un des 700 bénévoles d’Euskal Herria Zuzenean
Ez nuen hola ikusi
Le 8 septembre dernier, le festival Euskal Herria Zuzenean (EHZ) tenait son AG extraordinaire sur Hazparne. Au menu : mini-bilan de l’édition 2007 à Idauze Mendi et mini-réflexion sur les années à venir. Jusque-là, rien de méchant. Et puis, quelques jours après, un article du JPB peignait le portrait d’un EHZ déstructuré, désuni et déboussolé.
Baitezpadako eztabaida
Perso, je ne l’ai pas vécu comme ça. Certes, c’était pas l’AG la plus "zen" qu’on ait connue, mais n’est-ce pas le signe de la motivation de ses membres? EHZ est le symbole de la diversité, parfois l’adversité mais toujours la complémentarité du mouvement abertzale. Et en AG, c’est normal de poser des questions, même qui fâchentŠ Après, de là à en faire un article en section culture, il ne me semble pas que ça soit "un devoir d’information" !
Pour moi cette AG vient après quatre ans de festival en Soule qui ne marche pas autant qu’on aimerait. Et malgré sa bonne programmation, ses moments forts et le retour à une "ambiance Arrosa les premières années", pour moi l’édition 2007 ne prouve rien. Il fallait qu’on se pose des questions sur le lieu, le contenu, l’organisation, la prog’, les messages et les nouveautés à apporter à ce festoche qu’on reproduit mécaniquement depuis plus de 10 ans ! Et on l’a fait.
Alors, qu’a décidé l’assemblée? D’une part d’organiser l’édition 2009 ailleurs qu’en Xiberu et d’autre part de se laisser deux mois et demi de réflexion pour envisager une autre possibilité pour 2008. Ni plus, ni moins.
EHZ-k bizi behar du !
Au-delà de la polémique sur le changement de lieu, j’aimerais revenir au fondement d’EHZ. Certes, 13 ans séparent la première et la dernière édition. Certes, les choses ont changé, les générations se sont renouvelées, la scène internationale a évolué, les festivals se sont multipliésŠ Mais EHZ reste plus que jamais nécessaire aujourd’hui. Car ce n’est pas un festival de plus, qui se contente de faire de la grosse tête d’affiche, faire consommer ses festivaliers et se réfugier dans une neutralité assourdissante.
Comme le disait un membre du C.A. il y a quelques mois, "EHZ est un festival qui dérange"! Un festival à l’écoute des attentes du public et des tendances de la société. Un festival ouvert, militant et cohérent, qui met en place des pratiques alternatives, écolo, solidaires avec une autre vision du monde et des modes de vie. Un festival autofinancé qui met en relief l’éventail de l’offre culturelle d’EH et qui sert de haut-parleur à nos luttes. Bref, EHZ c’est tout ça et bien plus encore ! Et il doit le rester.
EHZ gurea da !
Ah c’est sûr : EHZ n’est pas parfait, mais il a l’avantage d’être perfectible. Pas assez "euskaldun" pour certains, pas assez ouvert sur le monde pour d’autres. Sans assez de têtes d’affiche pour certains, trop axé sur la grande scène pour d’autres. Mais les uns et les autres doivent accepter de faire des compromis et arrêter de vouloir modeler les choses à leur image.
Car c’est un magnifique projet, porté par des militants bénévoles. Un projet qui apporte énormément au niveau collectif et individuel. A l’heure où on veut nous imposer comme modèle la valeur travail, l’enrichissement personnel et l’individualisme, s’impliquer dans un projet comme EHZ c’est pour un jeune participer à la construction de l’esprit critique et d’un autre schéma de pensée.
EHZ n’est pas figé. Nous avons besoin de toutes celles et ceux qui veulent le (re)construire avec nous. Arditegi Egunak (kontaktfestival-ehz.com), les 20 et 21 octobre en seront l’occasion. Appel à la nouvelle génération. Parce que EHZ sera ce que l’on en fera.
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