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Le JPB > L'opinion > Courrier des lecteurs 2007-09-22
Pour une Europe citoyenne

La LDH, la Ligue des droits de l’Homme, invitait trois acteurs de premier plan de la vie politique française, à savoir Alain Lamassoure, député européen du groupe PPE au Parlement de Strasbourg, Gilles Savary, député européen socialiste, ancien porte-parole de Ségolène Royal, et Jean-Pierre Dubois, président de la LDH française. En préambule du Sommet européen prochain des 18-19 octobre 2007 à Lisbonne, réunion en vue de réformer les institutions européennes, le président de séance rappelle les évolutions en cours, "pour transférer les pouvoirs vers les citoyens, l’abandon dans le Traité de l’hymne officiel, et du drapeau étoilé, et du corpus des Droits de l’Homme, autant de renoncements demandés en particulier par la Grande-Bretagne et la PologneŠ" Qu’en est-il de la clause sociale du futur Traité ? de la mission de la Banque Centrale ? des Services Publics ? de la concurrence ? L’Europe sans une référence explicite aux Droits de l’Homme a-t-elle du sens ? à l’heure où toute la politique migratoire et le Droit des étrangers en Europe demeurent soumis à des dérives présidentielles ?

Gilles Savary, professeur à l’Institut politique de Bordeaux, partisan de l’ancien Traité avec Alain Lamassoure, évoque le "repli national, suivant le désenchantement des politiques après le Non français au référendum sur l’Europe. Ce vrai nouveau Traité doit être la colonne vertébrale de l’Union. Il recueille 90% du traité précédent et l’avis des 18 pays qui le ratifièrentŠ Mais les réflexes nationalistes demeurent encore, si les prérogatives du parlement européen passent de 40 aujourd’hui à 89 avec ce Traité, la revendication d’une Europe sociale n’est pas retenue, les décisions seront prises à la majorité qualifiée, et non à l’unanimité comme d’antan, la marque allemande de ce projet est patente, marquée par le sceau de la subsidiarité des pôles de décision nationaux et régionaux risquant d’hypothéquer l’avenirŠ" L’attitude britannique "de l’opting out", droit d’en sortir, peut être contagieuse pour d’autres pays, néanmoins des avancées notables entre 27 existent, sur les Droits de l’Homme, les questions environnementales, le fonctionnement de la Cour des Droits de l’Homme à StrasbourgŠ Alain Lamassoure poursuit. "À 27 pays on est paralyséŠ Mais voyons d’où venons, et observons le climat lors du Traité de Rome ; la défiance entre nouveaux partenaires, et depuis, le développement des relations, le respect des lois sociales et de la concurrence. À ce jour 12 pays attendent encore, en sus des 27 de l’Union, qui fonctionne déjà avec un budget de 110 milliards d’euros/an, le nouveau traité réécrit a le mérite d’assurer la simplification et la démocratisation du système, les citoyens prennent le pouvoir et les élus du Parlement européen ont le pouvoir législatif, avec en vue l’élection du Président-Europe par les citoyens, par les 500 millions d’EuropéensŠ Les questions latentes de l’immigration, de la politique énergétique, de la politique étrangère sont désormais communes, car l’Europe de demain sera européenne, ni française ni allemande, au risque de sacrifier sans doute un peu de notre amour-propre galloisŠ"

J-P. Dubois rappelle "qu’il ne peut y avoir d’Europe sans démocratie". Certaines attitudes de la Grande Bretagne et de la Pologne préoccupent la LDH. Dans "nos rêves d’Europe, 80 débats publics furent organisés par la LDH de 2002 à 2007. Cette dernière n’est pas satisfaite par la crispation sécuritaire de certains états, certains réflexes populistes et nationalistes, de repli identitaire. L’élargissement actuel vers la Roumanie et la Pologne s’accompagne parfois d’antisémitisme ou de tensions géopolitiques entre états européens eux-mêmes, le risque d’une Europe forteresse existe, la politique de l’Europe autour de la Méditerranée ne progresse guère, la volonté de pratiquer le co-développement est renvoyée à d’autres échéances futures..."


 
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