Le parcours s’apparente à une déambulation dans un véritable bunker. Les maires et élus de la vingtaine de communes du Labourd et du Seignanx qui font partie du syndicat mixte, Smun, producteur d’eau potable, ont visité hier les travaux en cours à l’intérieur de trois réservoirs à Anglet (sur la vieille route de Cambo). Ce n’est pas le barrage des Trois Gorges, mais c’est néanmoins impressionnant. Les trois réservoirs d’eau potable auront une capacité totale de 28000m3 et seront achevés au printemps prochain.Ces travaux rentrent dans le cadre d’un projet de sécurisation de l’alimentation en eau potable. Pour Jean-René Etchegaray, président du Syndicat mixte de l’usine de la Nive (Smun), c’est un "enjeu majeur souvent méconnu de l’opinion publique". A partir du moment où le robinet coule et qu’elle est buvable, le consommateur se désintéresserait de ces questions, analyse l’élu. Avec ces trois réservoirs, les communes auront une autonomie de 12h (en période estivale, pour 400000 personnes) en cas de risque de pollution sur la Nive qui est pompée par le Smun à Ustaritz. L’hypothèse d’un possible accident de la route souvent proche de la Nive et d’un véhicule qui déverserait un liquide dangereux a ainsi été évoquée.
La visite de chantier a été précédée par l’inauguration d’un bâtiment aux espaces et lignes modernistes qui est désormais le siège du Smun à Anglet-Sutar. Le siège a coûté moins d’un demi-million d’euros (HT) et pour les trois réservoirs ce sera 10,2 M€ HT, dont 42% financés par l’Agence de l’eau et 35% par le Conseil général.
Son président UDF, Jean-Jacques Lasserre, en a profité pour rappeler la présence du département 64 à l’Exposition universelle de Saragosse en 2008 dont le thème est "l’eau et le développement durable". Claude Chardenas, directeur de l’Agence de l’eau Adour Garonne a également mentionné le calendrier, avec l’organisation d’une consultation des citoyens en avril 2008 sur les enjeux de l’eau (sur une impulsion européenne). 2008 est également la date de la fin du contrat qui lie par affermage la production d’eau potable par la Lyonnaise des eaux pour ces communes d’Itxassou à Guéthary, d’Urt à Ondres. Les élus n’ont pas dit ce qu’ils entendaient faire, même si on imagine la préférence d’un retour à une régie publique de la commune de Tarnos ou du Boucau.
Conférence sur l’enjeu mondial de l’eau
Chercheur scientifique de réputation internationale, Ricardo Petrella , animera une conférence débat sur "L’accès à l’eau pour tous, un enjeu mondial" lundi 24 septembre à 20h30 à l’IUT Darrigrand (près du Conservatoire) à Bayonne, à l’invitation d’ATTAC Pays Basque. Politologue et économiste, Ricardo Petrella est une figure intellectuelle de la galaxie altermondialiste. Rédacteur de nombreux article au Monde diplomatique, il est l’auteur du Manifeste de l’eau en 1997 fondateur du Comité international pour le contrat mondial de l’eau. La thèse de cet expert international qui a travaillé pour la Commission européenne, l’ONU ou l’Unesco, est aussi simple que redoutable. D’ici 2020 plus de trois milliards de personnes qui n’auront pas ou plus accès à une eau potable de qualité, si les choses continuent de la même manière. Pour sortir d’une situation où la marchandisation prend la forme d’une "pétrolisation de l’eau" qui a déjà ses Seigneurs et où les technologies ravageuses pour l’environnement et les populations (grands barrages, irrigation productiviste,...), l’économiste italien propose "un contrat mondial de l’eau", avec des financements afférents, qui réaffirme, met en ¦uvre et garantit l’accès à l’eau pour tous. Ramener l’eau au statut de bien commun. L’auteur de La renaissance des cultures régionales en Europe en 1978 sera certainement ravi de se trouver au Pays Basque 30 ans après.