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Le JPB > Sujet à la une 2007-09-04
Le festival Le temp d'aimer ouvre vendredi sa "meilleure" édition
·Du 7 au 16 septembre, la 17e édition du festival de danse de Biarritz, sera dominée par les productions "des Suds"

Il y a des signes qui ne trompent pas. Si le président de l’association Biarritz Culture promet cette année la "meilleure édition" du festival Le temps d’aimer la danse, c’est que tout est prêt pour que ce rendez-vous d’une dizaine de jours soit à marquer d’une pierre blanche. Plusieurs atouts figurent au programme du Temps d’aimer qui, du 7 au 16 septembre, présentera pas moins de cinq chorégraphies pour la première fois dans l’hexagone et trois créations.Un témoignage de reconnaissance de la part des compagnies, qu’illustre par exemple la venue à Biarritz cette année de tous les chorégraphes annoncés, parmi lesquels Frédéric Flamand, Paulo Ribeiro, Rukmini Chatterjee, Itzik Galili, Eva Yerbabuena, Miguel Robles, Nacho Duato, Irène Tassembedo. Un évènement d’autant plus heureux que le festival de danse de Biarritz n’a jamais renoncé à prôner la diversité et l’éclectisme au sein de sa programmation, au risque parfois d’y perdre sens. Mais si les festivals spécialisés aiguisent les appétits des chorégraphes et des médias, Filgi Claverie préfère que ce soit le public, dans sa diversité qui s’y retrouve.Une façon, pour le directeur de la programmation, de rendre à César l’argent public. Et de se payer un "presque tour du monde" de la production du moment, en classique comme en contemporain, avec à la clé, une nouvelle cartographie mondiale dominée par le Sud.

Sud de l’Europe, Inde, Brésil, Argentine, Burkina Faso, si l’hémisphère sud reprend le dessus, ce n’est pas par soucis de l’exotisme ou de la généralité, mais plutôt parce que le centre du monde de la danse a changé.Aux chorégraphes de la vieille Europe succèdent ceux "des suds" qui, pour Filgi Claverie, illustrent mieux "l’espoir d’un futur meilleur"."Les artistes sont des veilleurs d’espoirs" indique celui qui a programmé pratiquement toutes les dix-sept éditions du festival, exception faite de celles dirigées par Thierry Malandain.En cette veille d’espoir pour la meilleure édition du Temps d’aimer la soirée de vendredi annonce déjà une ouverture réjouissante avec La cité radieuse, un genre d’hommage du chorégraphe Frédric Flamand à la cité phocéenne conçu lors de sa nomination au ballet national de Marseille et qui sera présenté au Temps d’aimer dans le cadre idéal de la plage du Port-Vieux.

Créations

Côté création, la Compagnie La parenthèse présentera Erritu le vendredi 14 septembre à Biarritz, après un avant-goût à Saint-Jean-Pied-de-Port dans le cadre d’un partenariat entre la scène de Pays Baxe Nafarroa et Biarritz culture (lire ci-contre).La compagnie Bordelaise Lunion présentera l’album, ce dimanche, après que le chorégraphe portugais Paulo Ribeiro n’ouvre le cru 2007 des créations avec Masculine. Dans cette foulée, les trois lauréats de la Plateforme Dantza organisée par le gouvernement basque pour favoriser la production et la diffusion de la scène contemporaine basque présenteront leur travail à Biarritz.Maialen Bilbao montrera Haiku, Blanca Arrieta et la Compagnie Ciento cincuenta cuerdas défendront Rest et Nathalie Monge un intriguant +ES3.

Pour ces lauréats comme pour les autres compagnies basques qui se produiront au Temps d’aimer, comme Aukeran ou Elirale, le temps d’aimer est également un temps de rencontre de la création de "presque" tout le monde.



Erritu en avant-première en Garazi
Grâce au partenariat avec Biarritz Culture, la Scène de Pays Baxe Nafarroa présentera en avant-première la création Erritu ce samedi 8 septembre à 21h au cinéma Le Vauban de Saint-Jean-Pied-de-Port avant la création définitive le vendredi suivant au casino de Biarritz. Les danseurs du Ballet de la parenthèse (Marseille/Québec) sont dirigés par Christophe Garcia, que les spectateurs garaztars ont pu découvrir dans des pièces dansées par le Ballet Biarritz Junior 2 au printemps dernier à Ispoure (Les Rêveuses). Ils sont en résidence à Biarritz depuis le 1er septembre pour la création d’Erritu, en coproduction avec les Ballets Biarritz. Dans ce spectacle, Christophe Garcia s’interroge chorégraphiquement sur la place des rituels ("Errituak") dans notre société et dans nos quotidiens. En création à Biarritz, il est marqué par la place du rituel dans la société basque qu’il connaît pour y avoir travaillé, dansé et chorégraphié.L’heure du bain (musique Laurier Rajotte) précédera Le Sacre du printemps (Strawinsky) pour 2 pièces où évolueront les six danseurs : rite du bain, recueillement, purification, avant les rituels printaniers de la découverte, de la séduction, de l’intimidation... et pour terminer du sacrifice. Un spectacle interactif, dans lequel le public choisira "l’élue" parmi les danseuses : celle qui sera sacrifiée, et dansera jusqu’à épuisement. La danse de cette compagnie basée sur une forte tradition classique est résolument ancrée dans le monde contemporain et cette avant-première devrait en apporter la démonstration. Pour cette création, les danseurs ont travaillé sur l’improvisation aussi bien théâtrale que dansée. Puis, petit à petit, ces improvisations ont été structurées par Christophe Garcia.



Des mythes humains en béton armé
Créée avec l’architecte et urbaniste Dominique Perrault, La cité radieuse a été conçue par le chorégraphe Frédéric Flamand comme un regard neuf sur l’utopie de Le Corbusier à Marseille, qui souhaitait faire le bonheur avec le béton. Une façon pour le chorégraphe de marquer son arrivée à Marseille et de terminer sa trilogie, entamée avec Métapolis et Silent Collisions, consacrée aux rapports qu’entretient le corps avec l’architecture et la ville. Dominique Perrault, à qui a été confiée la scénographie, a conçu avec Frédéric Flamand un dispositif d’écrans de mailles et de tissus métalliques manipulés par les danseurs et relayés par un système sophistiqué de caméras-projecteurs. Ceux-ci permettent d’interroger le corps réel et sa représentation dans des perspectives inattendues à partir de points de vue simultanés. Une manière de faire éclater le cadre traditionnel de la représentation. Sur la plage du Port-Vieux à Biarritz, ces interrogations de Flamand et Perrault porteront sur les nouvelles formes d’utopie liées à l’avènement de la ville-monde générée par le processus de globalisation. Ils prennent en compte ce que l’anthropologue Marc Augé appelle les non-lieux (aéroports, shopping centers, gares de transit), espaces d’anonymat qui accueillent chaque jour des individus plus nombreux. Métapoles ou mégalopoles sont aujourd’hui autant d’arènes en perpétuelle mutation où sont confrontés les hommes aux images qu’ils produisent. Le corps réel est entraîné dans l’entrelacs des réseaux urbains et des flux d’images. C’est le monde des images qui façonne aujourd’hui désirs et angoisses toujours recyclés de l’être humain : mythe de l’éternelle jeunesse, de la beauté physique, sentiment d’insécurité ...


 
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