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Le JPB > Sujet à la une 2007-08-31
Rentrée sans encombre pour les écoliers du Pays Basque
·L’excitation était grande en Oztibarre où les élèves inauguraient des locaux tout neufs

Les yeux des enfants, mais aussi ceux de leurs parents, brillent en ce matin de rentrée à Oztibarreko Ikastola. "Waouh" résume une maman alors que l’enseignante fait faire une petite visite dans les locaux flambant neufs accueillant les élèves pour la première fois. Au centre de Larceveau, la nouvelle ikastola jouxte les bâtiments du (lui aussi) nouveau collège Erdozaintzi Etxart. Le jour et la nuit si l’on compare avec les anciens préfabriqués et la cour encore récemment sans préau que les enfants fréquentaient jusqu’ici à Ostabat. "C’est du luxe", avancent même certains parents oztibartar, peu habitués à voir évoluer leurs enfants dans des conditions d’enseignement "normales".

"C’est la première fois que je suis dans une ikastola toute neuve", commente aussi Oihana, jeune enseignante en élémentaire qui a elle-même fait toute sa scolarité en ikastola.

Avec la construction de l’ikastola d’Oztibarre, l’ensemble des établissements scolaires de Seaska situés en Pays Basque intérieur est aujourd’hui rénové et n’a plus rien à envier aux autres filières. Les enfants en sont les premiers bénéficiaires. Mais ceux-ci, bien que ravis, ont déjà d’autres préoccupations. "Le terrain de jeu des grands [ceux du collège situé en face, ndlr] comporte des paniers de basket et nous, nous n’avons même pas de marquage au sol pour le nôtre", râle Ekhi, voyant déjà une première injustice dans cette entrée dans de nouveaux lieux.

Une campagne verdoyante entoure les bâtiments du groupe scolaire. La proximité du champ de maïs, à deux mètres à peine, est vue comme une véritable aubaine par Eneko et les siens qui espèrent vivement que l’ensileuse viendra se mettre au travail un jour où ils seront en récréation.

Les plus petits ne disent mot mais ouvrent de grands yeux en découvrant la classe de maternelle spacieuse, lumineuse et multicolore. Cela facilitera aisément la tâche de Martta, l’andereño même si les nouveaux locaux ne l’aident en rien à l’heure de consoler Aitzane qui pleure à chaudes larmes après avoir vu partir aita en ce premier jour d’école de sa vie.

La nouvelle ikastola comporte quatre salles de classe, des salles de psychomotricité et de repos ainsi qu’une bibliothèque. Pour la restauration, elle partagera les équipements du collège voisin.

Environ 1700 élèves ont fait leur rentrée dans les 21 ikastola de premier degré hier. Finalement l’ouverture d’une ikastola à St-Martin-d’Arbéroue, comme antenne de celle d’Hasparren, ne s’est pas faite faute d’effectif suffisant. Elle pourrait être reportée à la rentrée prochaine.

Occupations dans le public

Dans le public, plus de 47000 enfants ont repris le chemin des salles de classe en Pays Basque et Béarn. Avec quelques contestations à la clé dans certaines écoles comme St-Palais ou Ainhoa menacées de suppressions de postes. Les ajustements sont en cours et un Comité Technique Paritaire doit se tenir mercredi prochain à l’Inspection académique de Pau.

Du côté de St-Palais, l’école n’était pas occupée hier, mais une réunion avec les parents d’élèves et le corps enseignant se déroulait tard hier soir pour entériner la décision d’occuper l’école jusqu’à mercredi. "Nous avons une menace de fermeture d’un demi-poste de français depuis février dernier. Pour que celui-ci soit maintenu, l’Académie exige 80 élèves à la rentrée sans compter les très petites sections (TPS)", a expliqué Alain Etcheverry, directeur et instituteur de l’école de St-Palais. Après le comptage d’hier, le directeur annonçait "77 élèves plus 8 TPS". Cela sera-t-il suffisant pour maintenir le demi-poste ? Alain Etcheverry ne le sait pas. Ce que sait par contre le directeur, c’est que "le demi-poste qui saute a été créé en 2003 pour 66 élèves", c’est pourquoi la décision de l’Académie lui semble "absurde". "cela vient sans doute des 11000 postes que l’on doit rendre. Ils essayent de taper partout", analyse-t-il. L’inspecteur devrait passer aujourd’hui pour officialiser le nombre d’élèves à St-Palais.

Le compte est bon à Ainhoa

Ce dernier a déjà compté les effectifs de l’école d’Ainhoa hier, et le demi-poste de basque qui est menacé devrait, au regard des exigences académiques, rester en place. "Pour que soit maintenu le demi-poste à Ainhoa, l’Académie nous demande 45 inscriptions, et lorsque l’inspecteur est passé ce matin il a compté 45 élèves", explique Carole Ibarlucia, un parent d’élève. L’inspecteur s’est cependant refusé à tout commentaire, il fera part de ces chiffres au Comité Technique Partitaire (CTP) qui décidera de la disparition ou non du demi-poste. L’école d’Ainhoa qui était occupée dès le matin hier, le sera encore aujourd’hui, lundi, mardi et mercredi, "pour continuer de faire pression avant le CTP", dit Carole Ibarlucia.

Dans l’enseignement catholique, plus de 6400 enfants ont pris le chemin de l’école hier en Pays Basque (environ 10600 dans le département). Les chiffres précis seront connus la semaine prochaine. La Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique devrait donner plus de détails sur sa rentrée mardi prochain.



Des élèves fichés dès la maternelle
Dès cette rentrée, les directeurs d'école devront fournir des renseignements personnels sur chacun de leurs élèves. Une disposition controversée dont la fédération de parents d’élèves FCPE, le syndicat d’enseignants Snuipp ou encore la Ligue des Droits de l’Homme ont demandé "l’arrêt total".

Le fichier base-élèves est un nouveau pas dans l’informatisation de la vie scolaire. Après l'accès à la cantine par reconnaissance des empreintes digitales (projet heureusement resté sans suite), ce nouveau système testé depuis deux ans, y compris en Pays Basque, est censé suivre le parcours des enfants de la maternelle jusqu'au CM2. Il va se généraliser à partir d’aujourd’hui et devrait être opérationnel dans les 55 000 écoles de l’hexagone à la rentrée 2009.

Le fichier base-élèves consiste à faire remplir par les directeurs d'école un formulaire contenant des informations personnelles sur chacun de leurs élèves : nationalité, date d'arrivée en France des parents, culture d'origine, langue parlée à la maison. Objectif affiché : faciliter le repérage des enfants susceptibles d'avoir besoin d'un soutien scolaire (les fameux Rased, réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté, mis en place dans les écoles) et mieux prévoir les effectifs nécessaires.

Mais voilà, loin de rester confidentielles, ces informations destinées à l'inspection d'académie, seront également accessibles aux mairesŠ dans le cadre de la nouvelle loi sur la délinquance. Comment ne pas imaginer qu'elles pourraient être utilisées par la police pour repérer les familles sans papiers, s'émeuvent de nombreux chefs d'établissement ? Ou même croisées avec d'autres fichiers, comme celui des caisses d'allocations familiales. Ce qui pourrait aboutir à la suppression des allocations en cas d'absentéisme scolaire, par exemple. Regroupés en collectifs, les chefs d'établissement rebelles ont décidé de ne pas remplir le fichier. A ce jour, ils risquent la révocation.



Anglet : collecte de trousses pour les budgets serrés
L’opération s’appelle Les trousses de la rentrée et elle se renouvelle chaque année. Face au prix toujours plus élevé des fournitures scolaires, l’association Klwanis Bayonne Côte basque vient en aide aux familles défavorisées du Pays Basque en organisant une collecte de trousses et de matériel qu’elles peuvent contenir devant le centre commercial BAB2 d’Anglet. A l’entrée 2, une hotte géante attend les dons des clients jusqu’au 8 septembre. "Une trousse ou une boîte de feutres en plus dans le chariot, ce n’est pas grand chose. En revanche, ces petits Œpas grand chose’ allument une lueur dans les yeux des enfants qui les reçoivent", a affirmé Jean-Louis Saez de l’association Klwanis.



Informatique et suivi éducatif au menu des élèves bayonnais
Marc DUFRECHE

C’est depuis l’école primaire Jean-Pierre Brana de la ZUP que Jean Grenet, maire de Bayonne, accompagné de son adjointe déléguée à la vie scolaire et à la petite enfance, Marie-Christine Dumas, ainsi que de l’inspecteur d’Académie M. Becret ont donné hier matin le coup d’envoi de la rentrée scolaire bayonnaise. Le primaire étant de la compétence des villes, Jean Grenet, en a profité pour donner un aperçu des nouvelles mesures qui seront mises en place dans les écoles bayonnaises durant l’année scolaire 2007-2008. Il a aussi fait le point sur les ouvertures et fermetures de postes.

Dans un dossier remis à la presse, la ville de Bayonne fait état de la suppression de deux postes, aux maternelles des Arènes et de Lahubiague, et de deux demi-postes, à l’élémentaire J. Ferry et maternelle J. Moulin. Concernant ces fermetures, l’inspecteur d’Académie, M. Becret, signalait cependant que "compte tenu qu’il semble que du côté de Lahubiague et de J. Ferry le nombre d’inscriptions semblait plus important que prévu, les suppressions dans ces écoles pourraient être remises en cause".

Trois demi-postes en plus

Concernant les ouvertures, trois demi-postes bilingues, l’un à la maternelle du Grand Bayonne, et les deux autres aux élémentaires Malégarie et J. Moulin sont prévus. Ce sont donc quatre écoles bayonnaises qui proposeront maintenant des sections bilingues, et cela concernerait environ 200 élèves. "À la maternelle du Grand Bayonne nous attendions 20 inscriptions en bilingue, mais ce matin, nous en sommes déjà à 35", annonçait hier, l’inspecteur d’Académie. "Nous pensons donc ouvrir un poste complet au lieu du demi-poste prévu dans cette école" a-t-il ajouté.

Les nouveautés pour cette rentrée concernent principalement l’informatique et la mise en place du Programme de réussite Educative. "Le problème de l’accès à l’informatique est un problème majeur. Il y a un âge pour apprendre à maîtriser ces techniques, après le retard ne se rattrape jamais", a dit Jean Grenet avant de décrire le programme pluriannuel visant à équiper "comme il se doit", toutes les écoles primaires de Bayonne d’outils informatiques. Outre ce programme de développement, la ville lance un test avec six de ses écoles pour mettre en place un espace numérique de travail : un portail éducatif bayonnais destiné aux écoles, enseignants, enfants, parents et acteurs sociaux éducatifs. En marge de cette annonce, Jean Grenet a souhaité aussi que "soit lancé un audit complet sur la situation informatique de la ville".

Le programme de réussite éducative est l’autre nouveauté et vise à doter la ville "d’un dispositif capable de mobiliser tous les acteurs éducatifs au service des enfants qui en ont le plus besoin" annonce le dossier de presse de la ville. Cela devrait permettre de "remettre dans un parcours de réussite les enfants et adolescents qui présentent des signes de fragilité en les accompagnant en dehors du temps scolaire". Toutes les institutions sanitaires, sociales et éducatives seront impliquées dans le dispositif.

Les actions mises en place ces dernières années et qui ont donné entière satisfaction sont reconduites, comme l’éducation à l’environnement, le bio dans les cantines, les activités culturelles entre Fourchette et Couteau... Sur le plan des chiffres, la rentrée à Bayonne a concerné deux Ikastola, 27 écoles primaires publiques et 8 groupes privés, pour un total de 4336 élèves.


 
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