Ainsi donc la communauté autonome d’Euskadi aura un déficit de 13000 salariés par an à partir de 2017. La solution est tout indiquée: faire appel aux immigrés. On ne s’en prive déjà pas: de 1996 à 2005 leur nombre a triplé en Euskadi, passant de 10000, à 32000 par an. Pour assurer la croissance. En attendant ce nouveau déficit de 2017. La plupart sont Latino-américains. Et nos experts en économie ne voient (ne cherchent) pas d’autre solution. Celle-là est tellement rentable! Les machines-outils (on doit les concevoir comme telles) nous arrivent gratuitement à domicile, prêtes à l’emploi.
Que dire de ces milliers d’immigrés renvoyés chez eux manu militari dont nous parlent chaque jour les infos? Allez comprendre quelque chose! Quant aux pays qui Œproduisent’ gratuitement ces ouvriers on leur enverra quelques aumônes en compensation. Ils pourront continuer à végéter dans leur misère.
La veille de l’article du Journal, je lisais dans un quotidien parisien que les Philippines Œexportent’ (comme de vulgaires marchandises) 85% des infirmières qu’elles forment, dont 35000 vers la Grande Bretagne. Celles qui restent au pays ont en charge 60 à 100 malades par jour.
La dernière décennie du siècle passée, l’Afrique a perdu 60% de ses médecins, ingénieurs et autres universitaires, partis enrichir les pays riches. Sans que cela ne coûte un seul kopeck à ces derniers.
Les experts de nos Chambres de Commerce et Industrie étaleront orgueilleusement les chiffres positifs de leurs bilans, sans jamais faire paraître le coût de tous ces cadres et ouvriers. Puisqu’ils n’ont rien coûté! N’est-ce pas la loi de la mondialisation, la loi de la libre circulation? Lois qui n’ont jamais été votées par aucun parlement et qui relèvent de la loi de la jungle. Demandez ce qu’ils en pensent aux milliers de candidats à l’Europe qui ont coulé entre Tunisie et Italie ou entre Sénégal et Canaries en voulant fuir leur misère pour notre Eldorado. Sans compter ceux qui crèvent en traversant le Sahara. Quel scandale que ce mur des Israéliens!
Une autre loi à laquelle nos experts aiment se référer: la loi de l’offre et de la demande. Jamais votée par un parlement celle-là non plus. J’y ai pensé en lisant les infos sur le manque de main-d’¦uvre en Iparralde. Elle manque en général dans les métiers les plus durs, les moins payés. Selon cette fameuse loi de l’offre et de la demande dont on se revendique, ne devrait-on pas gagner plus dans les métiers qui manquent de main-d’¦uvre? On nous explique que le logement coûte plus cher parce qu’il en manque. Allez faire comprendre à un cadre qu’un man¦uvre doit gagner plus que lui, si on veut en avoir! On a donc contourné l’obstacle: on fait appel aux immigrés. Ceux pour qui personne n’a dû payer d’études universitaires cette fois. Allons-y donc la conscience tranquille.
Il faut se rappeler toutefois, que quelque part, une femme, leur a donné la vie et les a eus en charge jusqu’à l’âge de la rentabilité. Et donner la vie, ne serait pas du goût des Basques selon Le Journal. Qui aurait pu ajouter qu’en Iparralde on est à la même enseigne qu’au Sud: le déficit des naissances augmente de recensement en recensement. Il était à 450 par an lors du dernier. Comme par ailleurs, il se crée chaque année 750 emplois de plus qu’il n’en disparaît, cela fait par an 1200 immigrés nécessaires pour satisfaire la demande de main-d’¦uvre. De la métropole, de l’Est, si ce n’est d’Afrique. Nous n’avons peut-être pas de plombier, mais il y a des maçons polonais, même à l’intérieur. Malgré cela on nous serine qu’il faut cotiser pour créer des emplois. Pour qui?
Parler de chômage au Pays Basque n’est-ce pas de la littérature? Ces 8000 chômeurs en face des 8000 emplois vacants, est-ce que ça ne mériterait pas d’être un peu approfondi? La majorité de nos chômeurs ne seraient-ils pas des immigrés venus ici, persuadés, à juste titre, qu’ils trouveront?
Une question pour terminer. Je l’ai déjà posée. Sans aucune réponse jusqu’à présent. Pourquoi créer des emplois là où il n’y a pas de main-d’¦uvre au lieu de construire les usines là où il y a de la main-d’¦uvre? La ferraille exportée ne souffre aucun traumatisme.