31 août 1939 il y a 68 ans :
A la veille de la guerre : Les événements actuels ont vidé Biarritz de la grande foule des estivants et des baigneurs, plus nombreux que jamais cette année. La physionomie de la ville a changé brusquement. Sur nos plages, seuls quelques baigneurs se livrent aux joies de la brasse ou du crawl. A la Côte des Basques ou à la Grand’Plage, il n’y a plus foule. La descente du Casino est littéralement envahie par les vendeurs de journaux. Chacun est plongé dans sa feuille et interprète à sa façon les nouvelles du jour. Nul affolement d’ailleurs mais du calme, du sang-froid. De nombreux Biarrots sont déjà appelés sous les drapeaux, d’autres s’attendent à partir d’un jour à l’autre. Les nouvelles de la neutralité espagnole, certaine après le honteux pacte germano-soviétique, ont rasséréné bien des visages de notre ville et les mobilisés s’en vont moins inquiets sur le sort de ceux qui leur sont chers. D’ailleurs Biarritz est en train de devenir une cité-refuge. Nombreux sont les Parisiens et autres qui ont l’intention de se fixer ici en cas de conflit. Nous n’en sommes pas encore là, et, peut-être, la fermeté réussira-t-elle à conjurer la plus épouvantable des catastrophes.
Les affiches de la défense passive ont été apposées sur les murs de la ville, depuis trois jours, les caves-abris, ont été numérotées. L’éclairage public a été très réduit, des ampoules bleues ont remplacé nombre de réflecteurs et les baies des casinos sont obturées le soir venu.
Biarritz, ville faite pour la joie de vivre, a pris ces derniers jours un visage grave, mais serein. Elle reprendra bien vite, souhaitons-le, sa physionomie habituelle. Après ces jours d’angoisse, nous n’en apprécierons que mieux tout son charme.
[La mobilisation générale sera décrétée le lendemain n.d.r.]
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