Les inquiétudes manifestées par les salariés de la société Signature fin avril se précisent. Il y a quatre mois, les délégués CFDT de l’entreprise située à Urrugne tiraient la sonnette d’alarme concernant le projet de transfert de l’activité gros mobilier urbain, "jugée non rentable", vers la filiale allemande. Aujourd’hui les craintes se confirment après le rachat à 100% de Signature par la société Plastic Omnium, une opération qui s’est concrétisée le 1er juillet dernier."Le jeudi 26 juillet la direction nous a communiqué deux opérations qui vont toucher directement Signature. La première, le rachat par la compagnie Plastic Omnium. La deuxième, un projet d’alliance avec la société Eurovia", lequel projet doit se concrétiser le 31 décembre 2007, ont expliqué hier les délégués CFDT lors d’un point presse devant l’usine urruñar.
Le 29 août prochain, les représentants des salariés au comité central d’entreprise sont convoqués par la direction pour une réunion extraordinaire afin de traiter de ces questions, mais aussi pour les informer sur un projet de scission de Signature SA. "Il s’agit de la division de Signature en quatre entités juridiques indépendantes", a expliqué Xavier Elissalde, délégué CFDT et secrétaire du CCE. "On ne voit pas la pertinence de cette scission si ce n’est pour faire une vente par appartement de chaque structure". Cette opération aboutira, selon la CFDT, à "un plan social déguisé par entité", car "des doublons de postes avec Eurovia vont être créés, notamment dans la structure commerciale".
Alors qu’il y a cinq ans, au moment de la fusion entre Signature et la société SAR, le personnel atteignait le nombre de 711 salariés, à ce jour la société compte 540 employés, selon les responsables de la CFDT. "À l’époque, on nous avait lancé des promesses de développement, on voit aujourd’hui où ils en sont".
Les salariés craignent que ces opérations de rachat et d’échange d’actifs aient des incidences directes sur les employés. "Les étapes juridiques de ces opérations toucheront directement le transfert des contrats de travail, le changement de convention collective, le changement de caisses de retraite complémentaire et de prévoyance..."
Diminution d’effectif
"La réorganisation de chaque structure mènera inévitablement à une forte diminution d’effectifs" résument-ils, tout en ajoutant que sur 270 salariés travaillant à ce jour à Urrugne, ils ne resteraient que 172. Et de souligner que face à une éventuelle délocalisation du poste de travail, "la plupart des salariés feront le choix de rester au pays et de chercher un nouvel emploi".À terme, "c’est le secteur industriel du Pays Basque qui va trinquer", regrette le secrétaire général de la CFDT locale, Jean-Baptiste Etcheto, qui refuse de rester les bras croisés. "Nous allons contacter l’inspecteur du travail sur ce dossier, et dans quelques jours nous allons rencontrer des experts juridiques à Bordeaux pour étudier les démarches à suivre".
Quant aux éventuelles actions, les salariés n’ont pour l’instant "aucune volonté de blocage", précise Xavier Elissalde. "Nous attendons d’être informés et nous restons mobilisés".