Trois Basques présumés membres de l'organisation armée ETA, dont un présenté par les autorités espagnoles comme le chef de son appareil logistique, Juan Cruz Maiza Artola, ont été arrêtés jeudi à Rodez (Aveyron).
Les trois personnes faisaient l'objet d'une surveillance devant le domicile qu'ils occupaient, avenue de Bordeaux à Rodez, effectuée par des policiers de la Police Judiciaire de Toulouse et de la sous-direction antiterroriste, de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), saisis d'une enquête du Parquet de Paris.
C'est alors que le couple sortait de l'immeuble avec des sacs que les policiers, craignant un départ du trio, sont intervenus en interpellant l'homme et la jeune femme, recherchés sur le territoire français.
Ils ont ensuite investi l'appartement pour s'assurer de la personne de Juan Cruz Maiza Artola. Les trois interpellations ont été effectuées dans le calme et sans violence, selon la police.
Les enquêteurs s'apprêtaient, en début d'après-midi, à entamer la fouille du véhicule utilisé par les trois etarra présumés, ainsi que la perquisition de l'appartement qu'ils occupaient.
A l'issue de ces investigations, Artola et le couple, Iker Iparraguirre Galarraga et Bihotz Cornago Arnaez, seront placés en garde à vue à Rodez avant d'être transférés à Paris dans les 48 heures.
L'ETA a annoncé le 5 juin la rupture d'un cessez-le-feu qu'elle observait depuis le mois de mars 2006.
Depuis la fin de cette trêve, elle a subi plusieurs revers avec l'arrestation dans différents pays de 18 de ses membres présumés, dont 14 dans l’Etat français.
Mercredi déjà, la police française avait arrêté un Basque à Lannemezan, présenté comme membre présumé de l'organisation.
En outre, plus de 300 kilos d'explosifs ont été saisis par les forces de l'ordre espagnoles au cours de différentes opérations, ce qui a permis d'éviter au moins deux attentats en Espagne, selon le ministère de l'Intérieur.
L'organisation s'est toutefois manifestée mercredi en faisant exploser deux petites bombes le long du parcours du Tour de France cycliste, qui faisait une incursion en Navarre, après les terres souletines.
Selon la police espagnole Juan Cruz Maiza Artola, 57 ans, est accusé d’être le responsable des caches d'armes et d'explosifs de l'organisation. Le dernier "chef de l’appareil logistique" avait été arrêté en décembre dernier à la suite de l’arrestation de trois membres présumés de l’organisation basque dans une maison de Quézac, en Lozère.
Néanmoins le ministre espagnol de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba s'est félicité hier devant les médias espagnols de cette "perte importante" pour l'organisation basque armée.
Il a qualifié Juan Cruz Maiza Artola de "militant vétéran" avec de "très hautes responsabilités" au sein d'ETA. "Toutes les forces de sécurité françaises collaborent activement dans la lutte" menée par l'Espagne contre l’ETA, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il "remerciait et félicitait la police française".