"Aucun conseiller général ne s’est encore exprimé sur la question", ont fait remarquer les Verts hier. La question de la culture des OGM ne semble pas passionner les élus selon les écologistes qui leur demandent pourtant d’organiser un débat sur le sujet au sein du Parlement de Navarre. "C’est un cri que l’on lance sur un problème de santé publique mais aussi de démocratie", a commenté Martine Bisauta hier. Pour la responsable des Verts du Pays Basque, laisser faire la dissémination des OGM en plein champ revient à "jouer aux apprentis sorciers dans une totale irresponsabilité".
"Pour se prémunir, mieux vaut faire confiance à la vierge de Lourdes", a ironisé la conseillère municipale de Bayonne.
Les Verts ont rappelé, qu’avant les élections, l’UMP (dans son contrat de législature) ainsi que le MoDem (par la voix de Corinne Lepage notamment) ont marqué leur distance avec les OGM, les premiers déclarant que "le service rendu par les OGM n’est toujours pas probant au regard des risques et des inquiétudes qu’ils soulèvent", les seconds prônant carrément un moratoire.
"Au bout du compte, rien ne se passe et on laisse faire", a commenté Daniel Hegoburu, président des Verts du Pays Basque mettant en avant "la manipulation et le mensonge des élus".
Constatant que des OGM ont été semés dans de nombreux cantons, les écologistes s’étonnent que les conseillers généraux "ne bougent pas". Ils appellent donc les conseillers généraux à solliciter le président Jean-Jacques Lasserre pour un débat politique sur le sujet. "Nous nous tournons plus particulièrement vers les socialistes qui sont nos partenaires naturels et que l’on a aidés à être élus. Les accords de second tour stipulaient bien qu’ils devaient s’engager fermement sur les dossiers écologistes. Or personne ne bouge", a pointé du doigt Martine Bisauta.
Pire que l’amiante
Le fait que le Conseil général ne soit pas compétent en matière de culture OGM en plein champ n’a pas d’importance selon les Verts. "Nous voulons savoir ce que pensent les élus. L’inquiétude est réelle, c’est aujourd’hui le type d’agriculture et de société que nous voulons qui est en jeu", estiment-ils. D’après eux, la question des OGM doit avoir un traitement politique. A court terme, la destruction des parcelles OGM et l’indemnisation des agriculteurs leur paraissent la meilleure solution.
"Si on ne fait rien, quand on traitera ce dossier dans 10-15 ans, ça fera autrement plus mal que l’amiante" selon Martine Bisauta.