David Aldalur, ordonné prêtre à Écône (Suisse) le 29 juin, a pu finalement célébrer sa première messe traditionnelle en latin à l’intérieur de l’Eglise de son village natal de Biriatou, dimanche matin.
Entré au séminaire de la Fraternité Saint-Pie X (fondé par Mgr Lefebvre, excommunié depuis) à Écône, il vient d’être ordonné prêtre après six années d’études. Il a souhaité célébrer une première messe en Bretagne, pour la famille de sa mère, mais surtout à Biriatou, pour ses amis d’enfance, ses professeurs, ses maîtres de catéchisme et toutes ses connaissances. L’évêque de Quimper l’a autorisé sans condition à célébrer sa messe dans son diocèse le 6 août à l’église paroissiale Saint-Fiacre de Plogoff (Finistère). En revanche, l’évêque de Bayonne, Mgr Pierre Molères, avait refusé catégoriquement d’ouvrir l’église de Biriatou à l’abbé Aldalur, samedi matin pour la dernière fois : "il m’a demandé d’utiliser l’église de Biriatou, son village natal pour y célébrer une de ses premières messes. Ce que j’aurais fait volontiers. Malheureusement il a manifesté son désaccord sur des points doctrinaux importants mis en valeur par le concile Vatican II. Du coup, il m’a fallu constater à mon corps défendant que ce candidat à la prêtrise, solidaire de sa communauté d’Ecône s’excluait lui-même de la pleine communion avec Rome, et par le fait même avec l’évêque du lieu.
Force fut pour moi de me rendre à l’évidence : au moment même où ce futur prêtre me demandait d’utiliser son église natale, il me disait son refus d’appartenir à ce qu’elle représentait.
Démarche contradictoire qui m’a empêché de consentir à cette célébration" a justifié l’évêque de Bayonne. "Aux chrétiens de comprendre l’enjeu de cette affaire ; et de ne surtout pas la réduire à l’usage du latin, au port de la soutane, à la reprise de rites anciens, à des jugements émotifs et radicaux : malgré ses apparences et ses attitudes spectaculaires, la fraternité d’Ecône se comporte, de fait, comme une autre Eglise, selon elle la vraie catholique. Notre affection pour ce jeune prêtre ne peut occulter le caractère inacceptable de la démarche où sa communauté l’engage".
Face à l’interdiction de l’évêché, tout était prêt pour célébrer la messe sur la place publique de Biriatou. Mais finalement les portes de l’église se sont ouvertes à l’enfant du village.
L’abbé David Aldalur, né en 1983, est de père basque et de mère bretonne. Il a passé toute sa jeunesse, jusqu’à son entrée au séminaire à Biriatou. "Expert en pelote basque et en fandango" selon un communiqué de son église, il est resté très attaché à son pays et à ses amis d’enfance.
Le pape Benoît XVI vient lui-même de promulguer un Motu Proprio qui élargit encore plus la possibilité de célébrer cette messe traditionnelle en latin. Est-ce la météo peu clémente ou une demande émanant des sphères du Vatican qui a ouvert les portes de l’Eglise biriatuar ? En tout cas il n’a échappé à personne le rapprochement entre Rome et les courants les plus conservateurs de l’Eglise depuis l’arrivée au pouvoir de Joseph Ratzinger dit Benoît XVI.