L’observatoire départemental des dommages au bétail a annoncé hier à Oloron le lancement d’une phase d’expérimentation afin d’approcher de manière plus scientifique les dégâts causés au bétail par les vautours. Ces dernières semaines, les témoignages d’attaques de rapaces sur des animaux de ferme se sont multipliés en Pays Basque. Hier les pouvoirs publics ont fait savoir qu’une enveloppe de 30000 euros allait accompagner le dispositif. Jusqu’à présent, l’observatoire des dégâts au bétail permettait de recueillir les témoignages mais ceux-ci ne donnaient pas lieu à des vérifications ou à des expertises se prononçant sur la responsabilité réelle du vautour. "Ce qu’il manque, c’est une expertise scientifique basée sur une méthode. L’octroi des crédits spécifiques de la Diren va permettre de l’organiser grâce à un réseau de vétérinaires", a déclaré hier la préfecture. Une image plus précise de l’état de santé du bétail et du rôle des vautours dans les décès permettra de mieux comprendre les circonstances dans lesquelles les dommages surviennent. Aucune participation ne sera demandée aux éleveurs.
L’observatoire a indiqué hier que le nombre de dommages déclarés "est en forte augmentation pour le début 2007". Le service de l’Office de la chasse et de la faune sauvage a enregistré 34 témoignages au 19 juin contre 33 pour toute l’année 2006.
"L’élément nouveau en 2006 et 2007 réside dans la localisation des sinistres, à savoir à proximité des fermes et des habitations dans le piémont pyrénéen et au Pays Basque", explique l’observatoire.
Il ajoute qu’il convient toutefois de préciser que "l’intervention des vautours est souvent consécutive à d’autres phénomènes qu’ils masquent", comme des prédations causées par d’autres animaux (chiens, corbeaux, renards), des pathologies (infections, prolapsus utérins) ou des accidents (fractures, immobilisations dans les barbelés).
L’observatoire a enfin indiqué sans plus de détails que l’expérience menée en Espagne pour indemniser les éleveurs "peut servir de base de réflexion" de ce côté des Pyrénées aussi.