Le graff, l’expression artistique de la rue
·La photographe Angela Mejias et le grapheur Simon Merlo exposent autour du graff, une expression de rue devenue art
Souvent décriés, les graffitis ont petit à petit été reconnus comme un art à part entière. Une reconnaissance due en grande partie à l’arrivée des premiers grapheurs à l’âge adulte et de leur passage d’une activité revendicatoire à une activité plus artistique. La photographe Angela Mejias et le grapheur Simon Merlo proposent actuellement à la Médiathèque d’Hendaye une exposition sur cet art de la rue, qui a donné et continue de donner la parole aux jeunes en quête de reconnaissance, tout en envahissant les galeries d’art.Le graffiti, plus communément appelé graff ou tag, est apparu aux Etats-Unis à la fin des 60’s. Il fait partie intégrante d’une culture qui était encore inconnue à l’époque : le hip-hop. Ce phénomène s’est développé pendant plusieurs années dans les rues et surtout dans les transports de New York, et c’est au début des années 1980 qu’il arriva en Europe. La pratique connaîtra un grand succès au Pays Basque dans les années 90.
Revendicatif au Pays Basque
Moins associée au hip-hop, la pratique du graff au Pays Basque est grandement liée à la situation politique, tout comme dans la zone de conflit d’Irlande du nord. Le graff et le tag étant alors deux façons d’afficher des préférences politiques et identitaires. Originaire du Pays Basque et pour avoir accompagné les Skunk lors de leur tournée en Irlande du Nord, les clichées d’Angela Mejias font la part belle à ce type de graffs "politisés". Simon Merlo, spécialiste du graff, il dirige notamment le labo graff de l’école d’art du BAB propose une vision plus élaborée de cette pratique. Moins revendicatif, il exacerbe le côté artistique dans la réalisation d’¦uvres collectives, qui, bien qu’encore composées de lettrages, contiennent davantage de personnages, souvent inspirés des bandes dessinées, et sont de véritable "bestiaire" du monde contemporain. Des graffs plus hip-hop.Il existe aujourd’hui différentes manières de pratiquer le graffiti, tout d’abord il faut bien différencier le tag sorte de signature d’un trait que l’on tente d’exposer dans les endroits les plus impossibles les uns que les autres, et le graff qui au départ est une évolution du tag avec des lettres de taille plus importante et des contours et des couleurs différentes.
Illégal ou autorisé
Le graffiti peut s’exercer de manière illégale, en pleine rue et à l’abri des regards, ou de manière légale sur des supports autorisés à la demande des propriétaires ou simplement sur des espaces publics dédiés aux grapheurs et mis à disposition par la mairie. La question est alors de savoir ce qui motive ces jeunes à encourir le risque du graff illégal. Certains parlent d’inconscience, d’autres parlent de passion, voire de besoin d’afficher son nom dans les rues de sa ville. Les tagueurs opèrent souvent la nuit et en groupe, on parle alors de "crew", identifiable la plupart du temps par de courtes associations de lettres ou des chiffres (VR6, DNK, MADE,...) qui servait souvent à exprimer un endroit ou un quartier mais qui s’est décliné avec le temps pour avoir une signification plus personnelle. ZWD est par exemple le nom de l’association de grapheurs dont Simon Merlo fait partie. Certains grapheurs travaillent aujourd’hui dans la lumière et vivent véritablement de leur passion, alors que certains préfèrent rester dans l’ombre et continuent d’affirmer que le graffiti est un acte anti-économique qui sert avant tout à s’exprimer à un niveau politique, social ou personnel...L’exposition d’Angela et de Simon illustre avec leurs clichés et leurs ¦uvres cette pratique toujours à la mode et qui a connu bien des évolutions depuis son émergence. Des animations autour de cette culture de rue de la fin du XXe et début du XXIe sont aussi organisées dans le cadre de l’exposition. Prochain rendez-vous samedi avec une scène ouverte dédiée au hip-hop avec au programme : battle, slameur, rappeur,... et bien sûr graff. · La rue à la parole
Exposition d’Angela Mejias et Simon Merlo à la Médiathèque d’Hendaye. Entrée gratuite. Jusqu’au 30 juin.
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