Dauphiné Libéré - 2e étape
L’inspiration de Moreau
·Etape et maillot de leader, le Franc-Comtois fait coup double
Porté vers l’offensive, Christophe Moreau s’est adjugé hier à Saint-Etienne la deuxième étape du Critérium du Dauphiné Libéré dont il a endossé le maillot jaune et bleu de leader. Son coup de force, engagé à 40 kilomètres de l’arrivée, lui a valu de distancer le peloton d’une trentaine de secondes et surtout de renouer avec le succès qui le fuyait depuis trois ans. "Je peux être complètement libéré", a déclaré le Franc-Comtois qui aimerait afficher pareil panache dans le prochain Tour de France, une épreuve qu’il a terminée à quatre reprises en position de premier Français. À 36 ans, le "Vieux" comme il s’appelle lui-même, a mené en effet une spectaculaire opération coup de poing dans le final de cette étape de 157 kilomètres sillonnant les reliefs du parc naturel du Pilat. Dans le dernier col répertorié, Moreau est parti en contre-attaque dans le sillage de deux jeunes coureurs, José Antonio Redondo et le néo-pro Kevin Seeldrayers, derrière les deux échappés de la première heure, Jérôme Pineau et Aliaksandr Kuchynski. Le Belfortain établi dans le Jura suisse a accompli ensuite l’essentiel du travail. Redondo, ligoté par son statut d’équipier au service de ses leaders (Vinokourov, Kashechkin), a seulement suivi et Seeldrayers a dû attendre avant d’obtenir le feu vert de sa formation. "C’était un bis repetita", s’est amusé le vainqueur du jour en rappelant que le trio avait déjà roulé de concert dans l'étape-reine du Tour de Catalogne, le mois passé, sur la route d’Arinsal (Andorre). "J’avais remarqué ce jeune Belge qui passait des relais incroyables". Les aléas de la course ont éliminé cette fois trois des cinq coureurs du groupe. Pineau puis Kuchynski ont logiquement payé leurs efforts. Quant à Seeldrayers, il a été éliminé sur incident mécanique (chaîne) dans la descente vers Saint-Etienne. À l’arrivée jugée en faux plat montant, Moreau a engagé le sprint en force, de loin. "J’ai toujours pensé qu’il (Redondo) allait me passer mais j’ai vu qu’il restait dans ma roue", a déclaré ensuite le Franc-Comtois, qui n’avait plus gagné depuis la conclusion à Sète (Hérault) du Tour du Languedoc-Roussillon 2004.
"Je grimpe mieux"
Derrière le duo de tête, Alejandro Valverde a réglé le Norvégien Thor Hushovd et le gros du peloton, 33 secondes plus tard. Un écart trop important pour que le Britannique Bradley Wiggins, pourtant accrocheur dans les montées, garde son maillot de leader. "Je voulais voir les réactions", a expliqué Moreau pour justifier son inspiration. "Tout le monde était très tendu et j’ai insisté. Malheureusement, je n’ai pas eu le soutien nécessaire pour prendre davantage de temps". Mais, à voir son sourire, à l’entendre évoquer sa fille de deux mois Margaux (il a fait mine de la bercer en franchissant la ligne), il était déjà très satisfait de sa journée, à la veille du contre-la-montre de 40,7 kilomètres à Anneyron (Drôme). "Je me rends compte qu’avec l’âge, je grimpe mieux mais je perds en puissance dans les contre-la-montre", a déclaré le vainqueur du Dauphiné 2001. "Il me sera difficile de conserver le maillot mais le premier bilan, on l’établira au sommet du Ventoux (demain)".
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