Le procès contre le journal ŒEgunkaria’ aura bien lieu
Sept responsables du journal en langue basque Euskaldunon Egunkaria, fermé en 2003 pour des liens présumés avec un réseau de financement de l’ETA, seront finalement jugés par l’Audience Nationale.La principale instance pénale espagnole a décidé hier de rejeter l’appel des accusés et d’ouvrir une procédure à leur encontre, contrairement à l’avis du parquet qui s’était prononcé contre l’ouverture de ce procès, considérant qu’il n’y a pas assez de preuves.
Le procès aura donc lieu, conformément aux demandes de l’Association de victimes du terrorisme (AVT) proche du PPet de la plateforme proche de l’extrême droite Dignidad y Justicia qui se sont constituées partie civile. La défense, en s’appuyant sur la législation pénale espagnole, avait plaidé le manque de légitimité des parties civiles pour reprocher un délit, un argument qui n’a pas été retenu par les magistrats de la chambre pénale.
Les sept personnes poursuivies sont des journalistes et des administrateurs d’Egunkaria, journal fondé en 1990, qui tirait à 15.000 exemplaires au moment de sa fermeture sur décision du juge Juan del Olmo. Parmi les inculpés se trouve le directeur du titre Martxelo Otamendi, qui avait dénoncé au juge avoir subi des tortures entre les mains de la Garde Civile.
Dans un rapport publié en décembre dernier, le procureur Miguel Angel Carballo avait réfuté les thèses du juge d’instruction Juan del Olmo et de la Garde Civile, estimant qu’il n’y avait pas de preuve d’un lien entre le journal et l’organisation armée ETA. "Étant donné qu’il n’a pas été prouvé qu’Egunkaria finançait ou blanchissait l’argent d’ETA, étant donné qu’Egunkaria et les accusés n’ont pas ¦uvré pour l’objectif de l’ETA, (Š) l’ouverture d’un procès n’est pas justifiée", expliquait le rapport du parquet. Le procureur avait même ajouté que, "au vu des éléments, il est clair que l’interprétation de la Garde Civile est un non-sens".
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