Roland-Garros
Nadal et Moya vont mettre leur amitié entre parenthèses
·Les Majorquins s’affronteront demain sur le Central en quart de finale
"Rafa" Nadal et "Charly" Moya vont mettre leur amitié entre parenthèses le temps d’un quart de finale cent pour cent majorquin demain sur le Central de Roland-Garros. S’il ne s’agissait pas d’un affrontement de potes, l’opposition entre le double tenant du titre et le 26e mondial manquerait de piquant, surtout après la démonstration réussie par Nadal hier contre l’Australien Lleyton Hewitt dans un choc des huitièmes bien amorti (6-3, 6-1, 7-6). "Mais la différence risque d’être moins grande sur le terrain qu’au classement à cause du facteur émotionnel. 99% des joueurs sont impressionnés par son attitude dès l’entrée sur le court. Avec moi ça se passera différemment", pense Moya, vainqueur du match des vieux contre le Suédois Jonas Bjorkman, 35 ans, en trois sets 7-6 (7/5), 6-2, 7-5. Aucun défi dans les propos de l’aîné, seul trentenaire encore en lice en quarts de finale, mais un constat : depuis l’irruption de Nadal au plus haut niveau, en 2005, leurs trois rencontres se sont toujours terminées sur le score de 2 sets à 1 et le blond l’a même emporté une fois sur le brun.
Ami, mais pas grand frère
Moya a retrouvé des arguments tennistiques pour gêner son ami. Son ami, un de ses meilleurs, mais pas son protégé, précise-t-il, un peu gêné qu’on le fasse encore passer pour le "grand frère", voire le démiurge de Rafa. "Je ne crois pas avoir joué un grand rôle dans sa carrière. Je ne sais pas si je lui ai appris quoi que ce soit, mais si c’est le cas, il en a fait bien meilleur usage que moi", plaisante le Majorquin, qui n’a plus jamais joué une finale de Grand Chelem depuis son unique triomphe à Roland-Garros en 1998. Moya n’a donc pas créé Nadal, mais il l’a bel et bien accompagné dans des moments importants, notamment la victoire sur les Etats-Unis en finale de la Coupe Davis 2004. "Le match contre Roddick a fait sortir la bête qui était en lui", dit-il de la rencontre de Séville. Lui au contraire s’est senti "un peu vide" après avoir atteint le troisième grand objectif de sa carrière après une victoire en Grand Chelem et la place de N.1 mondial, brièvement occupée en 1999.Il n’y a que quelques mois que Moya a retrouvé un niveau de jeu qui lui permet d’inquiéter les meilleurs, après avoir pataugé pendant deux ans entre la 30e et la 50e place mondiale. "Je voulais améliorer mon revers, mais du coup tout le reste de mon jeu s’est détérioré. Là, je suis revenu à mon schéma habituel (gros service et grand coup droit) et j’ai retrouvé un équilibre", explique-t-il.
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